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04/01/2016

AUSSI LOIN QUE POSSIBLE

Aussi loin que possible.jpgroman
de Eric PESSAN
Éd. L’école des loisirs, coll. Médium, septembre 2015, 140 pages – 13€

C'est un lundi matin ordinaire pour Tony et Antoine. Après avoir planqué leurs cartables dans un buisson et compté jusqu'à trois ils s'élancent pour faire la course. Sans s'être concertés, sans avoir vraiment décidé de sécher les cours, ils vont dépasser les limites de leur Cité, traverser la voie rapide, puis la zone commerciale qui suit ; dans un marathon spontané qui les mènera au bord de la mer et peut-être plus loin.

« Cela fait dix minute que l'on court. La cité s'éloigne, ce lundi matin vient de basculer dans l'inconnu. On n'a rien prémédité, rien comploté. On a nos baskets aux pieds, nos survêtements souples, nos forces. Tony a sa tristesse. J'ai ma colère. On ne va plus rebrousser chemin. »

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23/05/2015

DIX MINUTES A PREDRE

Dix minutes à perdre.jpgroman
de Jean-Christophe TIXIER
Éd. Syros, coll. Souris noire, mars 2015, 152 pp. – 6,30€

Tim vient d’emménager avec ses parents dans une vielle maison, après que son père ait du changer de travail. Ses parents partent pour deux jours : ils vont soutenir les anciens collègues de son père lors du procès de leur employeur pour licenciement abusif. Tim devrait se réjouir de ces deux jours de liberté mais isolé comme il l’est dans ce nouvel environnement, il se trouve surtout face à 48 heures de solitude et de nostalgie de son ancienne vie urbaine et centrée autour de sa passion pour le skate.

En partant, son père, infatigable bricoleur lui a recommandé, s’il avait dix minutes à perdre, de retirer la tapisserie de sa chambre pour qu’il puisse à son retour y poursuivre des travaux.

Ces dix minutes vont se transformer en longues heures de labeur et d’aventure quand Tim va découvrir derrière la tapisserie, un intrigant message  laissé par le fils de l’ancienne propriétaire. 

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19/11/2013

SWEET SIXTEEN

etats-unis,noirs,lycee,luttes sociales,annees 50Roman
d'Annelise HEURTIER
Éd. Casterman, avril 2013
218 pages – 12 €

En 1957, neuf étudiants noirs doivent faire leur rentrée pour la première fois au lycée de Little Rock, en Arkansas. Cette rentrée scolaire particulière, qui s'inscrit dans le long processus pour l'intégration, nous est relatée par Annelise Heurtier dans ce roman à deux voix.

Le lecteur suit les parcours de deux jeunes filles qui s'apprêtent à célèbrer leur « sweet sixteen » : Grace, jeune fille blanche assez frivole et Molly, l'une des neuf volontaires.

Confrontés à la violence quotidienne des lycéens blancs de l'établissement, mais aussi des associations de parents d'élèves, de la plupart du personnel enseignant et administratif, c'est sous escorte militaire que Molly et ses condisciples finissent par suivre leurs premiers cours. Quand les menaces se font plus précises, c'est la prise de conscience de Grace qui permettra aux chemins des deux lycéennes de se croiser.

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06/01/2013

NOX : Ici-bas (1)

Nox_T1.gifRoman d’anticipation
d’Yves GREVET

Éd. Syros, octobre 2012
420 pages – 16,90 €

Dans un monde où l’énergie est un bien rare et où la pollution a envahi les villes, la grande majorité de la population vit dans la misère et dans la nuit. Un brouillard opaque recouvre la ville basse et ses habitants ont appris à circuler dans le noir, de jour comme de nuit. Pour s’éclairer mais aussi se chauffer, se nourrir, se déplacer,ils doivent produire eux-mêmes, au prix d’un effort physique constant qui façonne et déforme leurs corps, toute l’énergie dont ils ont besoin. Leur espérance de vie, du fait de ces efforts et de l’air vicié qui les entoure, est brève. Ils doivent fonder une famille très tôt et seule une future naissance (le « test de compatibilité ») peut sceller une union.

Dans la ville haute, la vie est bien différente. Loin des vapeurs toxiques, quelques privilégiés vivent confortablement de l’exploitation de ceux d’en bas. Quelques-uns, en bas, comme en haut, se révoltent, des réseaux de résistances se tissent, qui viennent mettre à mal cet ordre social perverti.

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04/05/2011

Chico Mendes : « Non à la déforestation » | roman documentaire d'Isabelle COLLOMBAT

brésil,écologie,foret,luttes socialesÉd. Actes Sud Junior | coll. Ceux qui ont dit non | sept. 2010
96 pp. - 7,80 €

La forêt brésilienne suscite tous les appétits, en même temps qu'elle fait vivre nombre de petites gens. Populations autochtones et pauvres du Nordeste poussés vers l'Amazonie (la Nouvelle Frontière brésilienne) se confrontent ainsi aux intérêts de riches éleveurs de bovins, cultivateurs de soja et exploitants de bois tropicaux. Né dans une famille de seringueiros, qui arpentent la forêt pendant des heures chaque jour pour y cueillir la sève d'hévéa qu'ils transforment ensuite en caoutchouc, Chico Mendes est le protagoniste de ce roman de l'engagement. On le suit dès son enfance, tenant à s'éduquer pour assurer un sort meilleur à son entourage, découvrant le marxisme et devenant la figure qui rend sensible au monde entier le sort de la forêt amazonienne dans les années 1980.

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26/01/2011

8e Rencontres cinématographiques «La classe ouvrière c'est pas du cinéma» | Notre sélection jeunesse

femmes (droits des),luttes socialesDu 8 au 13 février 2011 : allez au cinéma !

Voilà plusieurs années que Comptines s'associe aux Rencontres cinématographiques «La classe ouvrière c'est pas du cinéma», organisées par les Espaces Marx et le cinéma Utopia, en proposant quelques lectures «jeunesse» en écho aux thèmes abordés dans des débats et des films pour les grands. Cette année c'est Lutte populaires et luttes des femmes! On ne pouvait rater ça …

Pour consulter l'intégralité du riche et passionant programme de ces 8e rencontres, c'est par là…

Et pour consulter notre sélection de livres jeunesse, la suite est par ici…

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20/12/2009

LES PIERRES DE FOUDRE

pierres de foudre.gifLes Pierres de foudre
Roman d'Alain GROUSSET
Éd. Gallimard jeunesse, coll. Hors-piste, avril 2007
144 pages - 8,15 €

À la mort de son père, tué dans un éboulement de la mine, Marien décide de quitter l’école et s’inscrit comme mineur. Il n’a rien trouvé d’autre pour éviter la misère à sa mère, Cathline – qui s’épuise comme lavandière pour un salaire de misère – et à son frère et sa sœur jumeaux, encore si petits. Désormais il sera « galibot » et travaillera au complexe minier du Puits du Diable. Crainte et fierté mêlées, il ne doute pas de son choix et de sa responsabilité d’aîné.

Le travail souterrain est pénible mais Marien s’en acquitte, découvrant la solidarité des mineurs, il est vite « dans son élément ». Un peu trop même, quand il devient évident qu’il possède le don étrange de communiquer avec la roche, un don de voyance jusqu’ici réservé à une secte de femmes. En effet, les « Devineuses » monnayent très cher leur capacité à lire dans les parois de la mine l’emplacement des précieuses Pierres de foudre, des éclats de roches qui ont le pouvoir de retarder le vieillissement de qui en porte un fragment sur son corps. Marien est une menace pour les Devineuses, tandis que le directeur de la mine y voit une occasion d’augmenter considérablement ses bénéfices. Mais quelle est donc la nature de cette Chose qui parle ainsi à l’adolescent ?

On croit ouvrir un roman social (pauvreté, rudesse desconditions de travail, solidarité ouvrière, langage imagé, précis et désuet pour désigner leshommes, les tâches, les outils...) et l’on glisse doucement vers le fantastique, sans que pour autant le réalisme sociologique disparaisse complètement. Ainsi le fantastique se déploit pleinement au moment même où les mineurs se mettent en grève à la suite d’un énorme coup de grisou qui a tué cinquante d’entre eux. Le voisinage des deux genres est assez réussi, et l’action pas moins improbable que dans n’importe quel roman de science-fiction. Le lecteur « marche » et la lecture est agréable. Une réserve toutefois : ceci est une histoire d’hommes, tous les héros sont masculins, et si les méchants sont du côté du capital (le directeur), les très-méchants et meurtriers sont des tueuses – hormis le pauvre Perrin, qui agit sous la pression des Devineuses pour soigner sa... petite fille malade. Les autres personnages féminins (la mère, l’amie, les « trieuses ») apparaissent comme beaucoup plus démunies et faibles que leurs homologues masculins, qui n’ont de cesse de les protéger. Mais il s’agit sûrement d’une concession faite au versant réalisme social du roman ?

Corinne Chiaradia

(Première publication de l'article : 16 juillet 2007)

20/12/2008

LA GRÈVE

grève_Szac.jpgLa Grève
Roman de Murielle SZAC
Éd. Seuil jeunesse, coll. Karactère(s), janvier 2008
144 pages – 8,50 €

 

Mélodie, treize ans, partage avec sa mère et ses trois frères et sœur une petite maison dans le « quartier Bosch », rebaptisé cité Beau-jardin depuis la fermeture de la fonderie. C’est d’ailleurs à peu près tout ce que mère et fille ont en commun.

Mélodie ricane quand sa mère Catherine – qui « porte sa ponctualité en étendard » –lui parle de son honneur d’ouvrière. Une vie étriquée entre le temps et l’argent qui manquent toujours et un travail de piqueuse d’ourlet à l’usine Parker, très peu pour elle. Sa mère lui paraît faible, sans relief : le seul jour où elle a fait preuve de volonté ce fut pour mettre son mari à la porte et Mélodie n’a pas apprécié.

L’adolescente caresse de vagues rêves de réussite – chanteuse, journaliste – mais pas au point d’être appliquée au collège. Le brouillard est son élément préféré, qu’elle savoure dans une espèce de décharge sauvage où elle et son copain Mous ont aménagé un promontoire pour regarder passer les péniches sur le canal du Garet. Pourtant, lorsqu’elle découvre que l’usine est menacée de fermeture et les ouvrières au bord du licenciement, Mélodie n’hésite pas à se joindre au mouvement de grève en préparation : il se passe enfin quelque chose dans son quartier. Voir la main de sa mère se joindre à celles des autres ouvrières pour voter l’occupation de l’usine sera une vraie surprise… D’autres suivront en quelques semaines d’occupation, où l’excitation, l’abattement, l’admiration, la confusion se succèdent. Le plus étonnant pour Mélodie sera peut-être de se surprendre à éprouver de l’attachement, voire de l’admiration pour ces femmes qu’elle tenait pour médiocres…

Prendre le milieu ouvrier – et en particulier une grève –pour sujet de roman jeunesse, c’est une gageure que bien peu relèvent. N’est pas Zola qui veut. Si Murielle Szac réussit son pari – nous intéresser avec des personnages très ordinaires et une situation bien peu excitante : l’incontournable « plan social » qui fait éclater l’illusoire « paix sociale » – c’est qu’elle n’a pas cherché à bercer son lecteur d’illusions et a fait de son héroïne une adolescente résolument contemporaine.

La Grève est moins l’histoire d’un conflit social – ouvrières contre patron – que celle d’une prise de conscience, progressive et finalement rassurante, d’une jeune fille face à un milieu qui a son histoire, ses drames, ses « héros » qui en valent bien d’autres, plus exotiques. Il est moins question ici de conscience politique que sociale – le parti communiste est relégué dans les marges où il s’est depuis longtemps noyé – et chaque personnage est finement cerné avec ses qualités, ses handicaps, ses aspérités. L’auteur affirme dans une courte préface avoir voulu transmettre un héritage de valeurs, « celles du partage, de la solidarité, la fierté du travail bien fait, lar évolte aussi contre les injustices ». Elle y parvient en évitant l’apitoiement ou l’ouvriérisme factice, et si la grève du livre trouve une triste conclusion, le roman, lui, se conclut sur une jolie phrase « J’étais fière d’être une fille du quartier Bosch. Et ça, je savais que c’était pour toujours. » C’est l’originalité de ce roman « jeunesse » qui ne décrit pas la révolte d’un adolescent mais qui, au travers d’une révolte d’adultes – de femmes surtout ! – permet à une adolescente de se réconcilier avec ses origines. Pas si mal !

 

Corinne Chiaradia

 

(Première publication de l'article : 20 février 2008)

LE CANARD FERMIER

agriculture, animaux,luttes sociales,révolte,travail
Le Canard fermier
Album de Martin WADDELL (texe)
& Helen OXENBURY (ill.)

Adaptation française de Claude Lauriot Prévost
Éd. Kaléïdoscope, 1999 - 13,70 €
Édition poche : L'École des loisirs, coll. Lutin, 2000 - 5,50 €

« Il était une fois un canard qui avait la malchance de vivre avec un fermier terriblement paresseux… » Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, le pauvre animal bêche, s’occupe des bêtes, lave, repasse, bref, se traîne de tâche en tâche, supervisé par un fermier ventripotent dont le seul effort est de crier de temps à autre « Ca va, le travail ? ».

Harassé, déprimé, les yeux cernés, notre malheureux palmipède présente tous les symptômes d’un dangereux stress professionnel. Heureusement pour lui, les autres animaux de la ferme ont décidé de s’en mêler et c’est un petit commando composé de poules, de moutons et d’une vache qui parviendra à expulser le fermier fainéant de son lit et… de sa ferme. Ils finiront par reprendre en pattes leurs outils de production et se mettre tous ensemble au travail.

Véritable petite Ferme des Animaux, cette fable malicieuse permettra d’évoquer avec les plus petits les injustices liées au monde du travail.

Nathalie Ventax

(Première publication de l'article : 14 février 2007)