Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25/04/2016

AU COEUR DE FUKUSHIMA Journal d'un travailleur de la centrale nucléaire 1F

japon,fukushima,usine,travail,témoignage,nucleaire,catastrophe écologiquemanga
de Kazuto TATSUTA
Traduit du japonais et adapté par Frédéric Malet
Éd. Kana, coll. made in, mars 2016 - 9,90€
Volume 1 / 
Volume 2 à paraître en juin 2016

Dans sa préface, Karyn Nishimura-Poupée, correspondante de l’AFP au Japon, explique que « des dizaines de mangas sont paru au Japon sur la catastrophe dans les premières années suivant le drame, car le manga est pour les Japonais un media qui dépasse le divertissement ». Cette affirmation trouve ici une éclairante confirmation. Point de divertissement dans Au cœur de Fukushima, ni même de diversion sous la forme de commentaires ou de distance critique, mais un « journal d’un travailleur de la centrale nucléaire 1F » comme l’indique son sous-titre, scrupuleux et détaillé. Kazua Tatsuta a travaillé pendant six mois à la centrale de Fukushima Daichi ichi-efu (1F), jusqu’à atteindre la dose annuelle limite d’irradiation. Ouvrier et mangaka, il relate dans cet ouvrage, le quotidien des travailleurs de la centrale chargés d’assurer la décontamination du site. Il retranscrit dans le moindre détail ses journées de travail : trajets compliqués avec plusieurs véhicules selon les zones et la distance du réacteur, équipements, installations, relations avec les collègues, travail fragmenté et contrôles répétés des taux d’irradiation…

Lire la suite

01/12/2012

LES VERRIERS DE NOËL

verriers de Noël.gifDocumentaire
de Fabian GRÉGOIRE
Éd. L’École des loisirs, coll. Archimède
Oct. 2012 – 12,70 €

Charles et Stefan travaillent à la verrerie de Goetzenbruck, dans le massif des Vosges. Ils ont à peine quatorze ans et sont verriers débutants dans cette usine qui fabrique principalement des verres de lunettes et de montres. À quelques semaines de Noël, les enfants vont profiter du « bousillage » (l’utilisation des fours, jamais éteints, pendant les pauses) pour apprendre leur métier et réaliser les décorations de l’arbre de Noël. Sous la houlette de Carl, leur chef de place, ils vont apprendre à manier la canne, à « cueiller » la juste quantité de verre fondu, à souffler pour façonner de belles boules ou des pommes de pins. La disparition d’un demi kilo de sucre dans la famille de Charles, dont le père est chimiste à l’usine, va les mettre sur la piste des secrets de l’argenture qui permet de transformer le verre en miroir…

Lire la suite

24/03/2009

Le Gentil P'tit Lapin | album de Michaël ESCOFFIER, illustré par Éléonore THUILLIER

9782877675987.jpgÉd. Kaleïdoscope | mars 2009 - 12,50 €

Il était une fois un gentil p'tit lapin qui se promenait dans la forêt. Le gentil p'tit lapin trouve une fort belle carotte et se jette dessus. Hélas pour lui, la carotte n'est qu'un leurre et le lapin capturé par le loup est envoyé à l'usine : «Il faut travailler ! (...) Ceux qui ne travaillent pas finissent en pâté ou en civet !» Et voilà notre gentil p'tit lapin condamné aux travaux forcés : travail à l'usine ! Fabrication non-stop de fausses carottes pour que le loup attrape encore plus d'autres gentils p'tits lapins innocents ! Plus de cabrioles sur la bruyère, adieu la jolie forêt ! Le pauvre petit lapin épuisé ne fait que dormir et travailler… Jusqu'au jour où il y en a assez ! Mais comment se débarasser du grand méchant capitaliste… euh… enfin, du loup ? Une seule solution, c'est la Grève générale ! Mais les autres lapins sont plutôt timorés (on sait comment sont les lapins…) alors le gentil p'tit lapin va prendre les choses en main.

Voilà une truculente fable sur le travail qui réunira toute la famille en ces temps de revendications ! Les p'tits lapins apprendront qu'il est plus amusant de travailler pour eux-mêmes et qu'avec un peu de courage et de solidarité, on peut toujours se débarasser des empêcheurs de cabrioler en rond !

Nathalie Ventax (mars 2009)

 

20/12/2008

LA GRÈVE

grève_Szac.jpgLa Grève
Roman de Murielle SZAC
Éd. Seuil jeunesse, coll. Karactère(s), janvier 2008
144 pages – 8,50 €

 

Mélodie, treize ans, partage avec sa mère et ses trois frères et sœur une petite maison dans le « quartier Bosch », rebaptisé cité Beau-jardin depuis la fermeture de la fonderie. C’est d’ailleurs à peu près tout ce que mère et fille ont en commun.

Mélodie ricane quand sa mère Catherine – qui « porte sa ponctualité en étendard » –lui parle de son honneur d’ouvrière. Une vie étriquée entre le temps et l’argent qui manquent toujours et un travail de piqueuse d’ourlet à l’usine Parker, très peu pour elle. Sa mère lui paraît faible, sans relief : le seul jour où elle a fait preuve de volonté ce fut pour mettre son mari à la porte et Mélodie n’a pas apprécié.

L’adolescente caresse de vagues rêves de réussite – chanteuse, journaliste – mais pas au point d’être appliquée au collège. Le brouillard est son élément préféré, qu’elle savoure dans une espèce de décharge sauvage où elle et son copain Mous ont aménagé un promontoire pour regarder passer les péniches sur le canal du Garet. Pourtant, lorsqu’elle découvre que l’usine est menacée de fermeture et les ouvrières au bord du licenciement, Mélodie n’hésite pas à se joindre au mouvement de grève en préparation : il se passe enfin quelque chose dans son quartier. Voir la main de sa mère se joindre à celles des autres ouvrières pour voter l’occupation de l’usine sera une vraie surprise… D’autres suivront en quelques semaines d’occupation, où l’excitation, l’abattement, l’admiration, la confusion se succèdent. Le plus étonnant pour Mélodie sera peut-être de se surprendre à éprouver de l’attachement, voire de l’admiration pour ces femmes qu’elle tenait pour médiocres…

Prendre le milieu ouvrier – et en particulier une grève –pour sujet de roman jeunesse, c’est une gageure que bien peu relèvent. N’est pas Zola qui veut. Si Murielle Szac réussit son pari – nous intéresser avec des personnages très ordinaires et une situation bien peu excitante : l’incontournable « plan social » qui fait éclater l’illusoire « paix sociale » – c’est qu’elle n’a pas cherché à bercer son lecteur d’illusions et a fait de son héroïne une adolescente résolument contemporaine.

La Grève est moins l’histoire d’un conflit social – ouvrières contre patron – que celle d’une prise de conscience, progressive et finalement rassurante, d’une jeune fille face à un milieu qui a son histoire, ses drames, ses « héros » qui en valent bien d’autres, plus exotiques. Il est moins question ici de conscience politique que sociale – le parti communiste est relégué dans les marges où il s’est depuis longtemps noyé – et chaque personnage est finement cerné avec ses qualités, ses handicaps, ses aspérités. L’auteur affirme dans une courte préface avoir voulu transmettre un héritage de valeurs, « celles du partage, de la solidarité, la fierté du travail bien fait, lar évolte aussi contre les injustices ». Elle y parvient en évitant l’apitoiement ou l’ouvriérisme factice, et si la grève du livre trouve une triste conclusion, le roman, lui, se conclut sur une jolie phrase « J’étais fière d’être une fille du quartier Bosch. Et ça, je savais que c’était pour toujours. » C’est l’originalité de ce roman « jeunesse » qui ne décrit pas la révolte d’un adolescent mais qui, au travers d’une révolte d’adultes – de femmes surtout ! – permet à une adolescente de se réconcilier avec ses origines. Pas si mal !

 

Corinne Chiaradia

 

(Première publication de l'article : 20 février 2008)