Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« lun. 07 mars - dim. 13 mars | Page d'accueil | lun. 21 mars - dim. 27 mars »

20/03/2011

Pluie Noire | roman de Masuji Ibuse

pluie noire.gifTraduit du japonais par Takedo Tamura et Colette Yugué
Éd. Gallimard, coll. Folio
[1966] août 2004, 382 pages - 7,80 €

Au lendemain du bombardement d’Hiroshima, la famille Shizuma – Shigematsu, le père, Shigeko, la mère et Yasuko leur nièce et presque fille adoptive – s’est réfugiée dans le village de Kobatake, à une centaine de kilomètres. Tous trois ont été «atomisés» à des degrés divers, mais cinq ans après la fin de la guerre seul Shigematsu semble avoir développé la «maladie atomique». Yasuko est une belle jeune fille, qui ne parvient pas à se marier tant la défiance est forte vis-à-vis des rescapés.

Persuadé que la «pluie noire» qui s’est abattue sur l’ouest de la ville n’a pas contaminé sa nièce, Shigematsu entreprend de recopier son «Journal d’un rescapé» où il relate dans les moindres détails les événements dont il fut témoin entre le 5 et le 15 août 1945. Le journal de Shigematsu (ainsi que des extraits de ceux de Yasuko et Shigeko) constitue l’essentiel du livre. Mais cet effort du souvenir ne suffira pas à faire le bonheur de Yasuko… Ce roman remarquable est déstabilisant, tant son auteur pousse loin le parti-pris de la précision documentaire sans jamais prêter à ses protagonistes de pensées anachroniques. Le lecteur est à la fois submergé de détails (la vie quotidienne, les menus en temps de famine, la géographie du désastre, les symptômes des maladies…) et époustouflé par l’ignorance générale dans laquelle sont englués les personnages. Cinq ans après les bombardements, la «maladie atomique» a à peine un nom, quant aux traitements…

Lire la suite

Gen d’Hiroshima | manga de Keiji Nakazawa

Gen 1 .10 07gif.gifTraduit du japonais par Koshi Miyoshi et Vincent Zouzoulkovski
Préface d’Art Spiegelman

Éd. Vertige Graphique
juin 2003, 266 pages - 15 €

Le récit commence quelques mois avant le largage de la bombe, en avril 1945: Gen est le deuxième garçon d’une famille de cinq enfants. Le Japon est encore en guerre, la population doit se priver de tout afin de participer à l’effort de guerre et la famine commence à sévir à Hiroshima. La famille Nakaoka, parce que le père est un pacifiste convaincu, est rejetée par le voisinage, qualifiée de traîtresse. À l’école, dans la rue, les brimades et les violences se déchaînent contre ce qui est considéré comme une attitude anti-patriotique.
À la toute puissance des militaires et au fanatisme, Gen oppose sa débrouillardise digne de celle d’un Gavroche parisien. La famille survit tant bien que mal quand arrive le 6 août 1945…

Lire la suite

Notes de Hiroshima | essai de Kenzaburô Ôé

Notes de Hiroshima.gifTraduit du japonais par Dominique Palmé
Éd. Gallimard, coll. Arcades
[1965] septembre 1996, 230 pp. 13,72 €

Prix Nobel de littérature en 1994, Kenzaburô Oé n’est encore qu’un jeune romancier de vingt-huit ans quand il entreprend en 1963 ces Notes de Hiroshima. Promis à une belle carrière (ses premiers écrits, notamment Gibier d’élevage, ont rencontré le succès), il n’imagine pas alors à quel point ses voyages à Hiroshima seront déterminants pour son avenir et sa façon de concevoir l’écriture, le rôle de l’écrivain, la dignité humaine et la vie tout simplement. Alors qu’aujourd’hui les malheurs, les guerres et les morts se succèdent dans les médias de manière presque «anodine» (sans conséquences sur notre intimité), ce livre fait d’humilité, de compassion et d’immersion de l’écrivain dans le vécu et la parole des victimes est bouleversant.

Lire la suite

L’Enfant d’Hiroshima | roman de Isoko et Ichirô HATANO

Enfant d'Hiroshima.gifIllustrations de Joan Schatzberg (int.) et Keleck (couv.)
Traduit du japonais par Seiichi Motono
Préface d’Odette Georges Brunschwig
Éd. Gallimard jeunesse, coll. Folio junior
[1959] janvier 2010, 189 pages – 6,10 €

 L’Enfant d’Hiroshima est un magnifique dialogue entre un enfant (adolescent) et sa mère, un dialogue par lettres et journal interposés, qui s’étend sur une période de près de cinq ans. Cet échange a réellement eu lieu, de 1944 à 1948, entre le jeune Ichirô, étudiant à Tokyo et sa mère, Isoko, réfugiée à la campagne avec son mari et ses plus jeunes enfants. Ichirô n’est pas «né» à Hiroshima (contrairement à ce que le titre pourrait laisser entendre, il est plutôt un gosse de Tokyo, d’une famille d’intellectuels), mais ses interrogations, ses désirs, ses joies et ses peines sont sans doute représentatives d’une génération de Japonais qui a grandi avec la guerre et la Bombe, entrant dans l’âge adulte à l’ère «post-nucléaire» (il a dix-huit ans en 1948).
Composé au trois quarts par les lettres d’Ichirô à sa mère et pour le reste par les réponses de cette dernière à son fils si pressant, L’Enfant d’Hiroshima est ainsi un poignant témoignage du quotidien d’un adolescent japonais pendant les deux dernières années de la guerre, années de disette, d’humiliations, d’incertitudes, de craintes perpétuelles des bombardements.

Lire la suite

Hiroshima, l’histoire de la première bombe atomique | documentaire de Clive A. Lawton

Hiroshima 1ère bombe atomique.gifTraduit de l’anglais par Stéphanie Alglave
Éd. Gallimard Jeunesse, avril 2005 - 13,50 €

Voilà un remarquable documentaire qui retrace avec beaucoup de clarté les événements qui ont mené au largage de la première bombe atomique sur la ville d’Hiroshima. Des «progrès» scientifiques aux raisons politiques et historiques, puis aux conséquences monstrueuses de la Bombe, tout est abordé avec une volonté d’impartialité et beaucoup de pédagogie.

Illustré par de nombreux documents d’archives, le texte est réparti en chapitres courts qui alternent rappels historiques sur la Seconde Guerre mondiale, sur le nationalisme japonais fanatique (sur ce sujet, lire aussi la BD  Gen d’Hiroshima) et l’impérialisme américain (qu’on se souvienne que les États-Unis étaient pressés de terminer la guerre dans le Pacifique avant l’arrivée des Soviétiques) et explications techniques et scientifiques. Les photos, terribles, d’Hiroshima et Nagasaki dévastées et des mutilations des survivants sont là pour nous rappeler, s’il en était besoin, les ravages et les dangers de l’armement nucléaire.

Ariane Tapinos
(première publication de l'article: juillet 2005)

Hiroshima, deux cerisiers et un poisson-lune | album documentaire d'Alain Serres (textes) & Zaü (ill.)

japon,hiroshima,mémoire,survieÉd. rue du monde, coll. Histoire d’Histoire
avril 2005 - 12,20 €

Le principe de la collection est simple: un enfant (petit-enfant, neveu…) demande à un parent de lui raconter sa vie et ce récit, personnel, intime, fournit un éclairage sensible sur un événement de la «grande» histoire (qui est résumé en quelques vignettes documentaires, réparties au cours de l’album). Sur ce principe, Alain Serres a imaginé l’histoire de Yoko et de sa tante, Tsukiyo, toutes deux habitantes d’Hiroshima.
Yoko est une jeune fille d’aujourd’hui, curieuse, éprise de vérité, tandis que la vieille Tsukiyo, rescapée du bombardement atomique, semble vivre dans un univers parallèle, dont cerisiers, grues et poissons-lunes gardent l’entrée. Le texte d’Alain Serres peut paraître déroutant, parce qu’il se construit autour du silence et des fables inventées par la vieille femme pour échapper à la laideur du monde. Détournant, inversant presque, le principe de la collection: ici ce n’est pas le témoin qui livre «sa» version de l’histoire, mais l’enfant, très bien informée par l’école, les commémorations… qui assène les «vérités» historiques, cherchant à réveiller la parole de l’aïeule. Mais Tsukiyo se referme comme une huître («nos belles huîtres d’Hiroshima») et refuse obstinément de raconter les morts, le sang, les larmes et l’origine de la «prune sèche» qui ronge sa main, soixante ans après…

Lire la suite

Après moi, Hiroshima | roman de Franck Pavloff

Après moi Hiroshima.gifLecture accompagnée par Marianne Jaeglé
[Zulma 2002] éd. Gallimard, coll. La Bibliothèque Textes & documents
2003, 222 pp. - 5,80 €

«Derrière lui, le monde s’enfuit, Allemagne, Québec, Mozambique. Le métro s’arrête-t-il toujours à Belleville? Son dos plie sous le poids de ceux qui ont tissé son histoire avant de disparaître, sa mère, Pazardjik, Maria, Eva. Un legs de mille ans d’âge. Comment s’affranchir de cette mémoire gigogne? Tamiki a fait le choix contraire. Il prend la mémoire à bras le corps pour lui faire rendre gorge. Qui a raison?» (p. 121). Après un premier chapitre décrivant de manière saisissante l’explosion de la bombe vécue par un adolescent japonais, ce roman touffu et labyrinthique est à la fois un polar nerveux, une quête du père et de la vérité, et une réflexion sans concession sur l’instrumentalisation de la mémoire et la ligne de démarcation entre la justice et la vengeance.

Lire la suite

18/03/2011

Je fais un oiseau pour la paix | album d'Alain Serres (texte) & Claire Franek (ill.)

oiseau pour la paix.gif

Éd. Rue du monde
mai 2005 - 12 €
Livre-jeux

Pour ceux et celles qui ne connaissent pas l’art de l’origami, voilà un livre idéal pour une petite initiation. On apprend au fil des pages à plier, replier, déplier le papier et l’on voit apparaître, c’est assez magique, la voile d’un bateau (facile), une barque, une drôle de grenouille (ça devient intéressant), la gueule d’un crocodile (c’est rigolo!), une fusée, la tête d’un loup, une fleur… Et tout ça, à condition de le faire dans l’ordre indiqué, devient une grue (l’oiseau, pas la machine, sinon ça veut dire que vous vous êtes trompés…) À chaque étape, une petite fille nous raconte les métamorphoses successives de la feuille de papier. En parallèle, des explications très bien faites, dessins à l’appui, organisent le modèle.

Lire la suite

Fidèles éléphants |album de Yukio Tsuchiya (texte) & Bruce Roberts (ill.)

Fidèles éléphants.gifÉd. Les 400 coups, coll. Carré Blanc
2001 - 8 €

L’histoire, célèbre, du «sacrifice» des éléphants du zoo de Tokyo, pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1943, l’armée japonaise, craignant les effets des bombardements sur le jardin zoologique, ordonne aux gardiens de tuer tous les animaux sauvages. Affligés, les gardiens obéissent, mais ne peuvent se résoudre à achever trois éléphants qui, à leur façon, vont «résister» en se laissant lentement mourir de faim. Une histoire tragique et exemplaire, contée et illustrée avec sobriété. Un monument a été érigé dans le zoo même de Tokyo, à la mémoire des fidèles éléphants dont l’histoire est lue, chaque année le 15 août à la radio japonaise, comme un message d’espoir pour une paix durable.

Comptines & Compagnie
(première publication: juillet 2005)

Pika, l’éclair d’Hiroshima | album de Toshi Maruki

Pika Hiroshima.gifTraduit du japonais par Nicole Coulon
Adapté par Marie Schuch
Première édition Syros, 1984 -
Nouvelle édition revue et corrigée, Actes Sud Junior, mars 2005
13,50 €

C’est un jour comme les autres à Hiroshima. Un jour de guerre, mais la ville a été jusque-là épargnée par les bombardements américains qui ravagent Tokyo et Osaka. Petite Mi est en train de déjeuner avec ses parents lorsqu’à 8h15 retentit un bruit «strident, assourdissant : PIKA A A A» bientôt suivi d’une «lumière aveuglante, effrayante, violente et blanche». Ce qui suit, c’est l’horreur d’une ville en flammes, d’une mère qui tient contre son sein son enfant mort, des corps qui s’amoncellent sous la pluie noire et épaisse qui se déverse du ciel. C’est aussi, plus tard, la mort du père de Mi et de tous ceux qui n’ayant «ni blessure ni brûlure se réjouissaient de vivre» mais qui mourraient «comme le papa de Mi, sans blessure apparente».

Lire la suite