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17/03/2011

Lily-Rose au pays des mangas | roman de Lisa BRESNER

Lily Rose.gifIllustré par Jean-François Martin
Éd. Actes Sud junior, coll. Les premiers romans cadet
janvier 2004, 114 pages - 6 €

Lily-Rose a treize ans. Lily-Rose a un souffle au cœur. Rien de grave, mais ses parents la couvent comme un objet fragile et s’imposent une vie de précautions et d’interdits. Un jour Lily-Rose en a assez: elle veut que le trésor accumulé pour un voyage sans cesse repoussé pour cause de souffle au cœur, serve enfin. Elle veut aller au Japon, au pays des mangas, au pays du «grand frère-cinéma» qu’elle s’est inventée pour tromper sa solitude. S’ensuit un savoureux voyage en pays nippon, qui verra grandir Lily-Rose et au cours duquel elle apprendra à dire «je t’aime» en japonais.
Une écriture sensible et beaucoup d’humour pour ce récit drôle et grave en même temps. Des illustrations très réussies.

Ariane Tapinos
(première publication: février 2004)

16/03/2011

L’Automne de Chiaki | roman de Kazumi YUMOTO

9782021000818FS.gif

Traduit du japonais par Ryôji Nakamura et René de Ceccaty
Éd. Seuil jeunesse, 2004 – rééd. Coll. Chapitre, 2009
160 pages – 8,50€

Chiaki et sa mère emménagent au Peuplier, une résidence tenue par une vieille dame qui ressemble à «un Popeye méchant». Chiaki a six ans et vient de perdre son père, mort dans un accident de voiture. Elle et sa mère choisissent le Peuplier au hasard de leurs promenades endeuillées et silencieuses. Une étrange amitié se noue peu à peu entre la petite fille triste et angoissée et la vieille dame rusée. La vieille femme propose à Chiaki de transmettre, après sa mort, des lettres à son père.

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Les 12 Royaumes | série de Fuyumi ONO & Akihiro Yamada (ill.)

japon,fantasy

Traduit du japonais par Fumihiko Suzuki et Patrick Honnoré
Éd. Milan, coll. Manga littérature
avril 2007 – 8,50 € (le tome)

Yôko Nakajima, lycéenne dans un établissement privé pour jeunes filles, est une adolescente sans histoires. Soucieuse de plaire à tous et de ne pas sortir du rang, elle mène une vie calme, policée et finalement assez artificielle. Tout va basculer un matin, quand un inconnu nommé Keiki débarque au lycée et l’entraîne de force (après lui avoir juré obéissance et fidélité!) dans une course effrénée pour la soustraire à l’attaque d’un rapace monstrueux. Yôko découvre alors l’existence d’un monde parallèle, les Douze Royaumes. Séparée de son guide, elle va devoir se débrouiller seule dans un monde hostile et totalement inconnu, un monde dans lequel elle est la cible d’attaques aussi violentes qu’incompréhensibles. Victime d’accusations injustes et de traîtrises, elle va devoir se battre quotidiennement pour retrouver Keiki et comprendre quelles sont ses origines et son destin dans les douze Royaumes.

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Le Gourmet solitaire | manga de Masayuki Kususmi (texte) & Jirô Taniguchi (ill.)

Gourmet solitaire.gifTraduit du japonais par Patrick Honnoré et Sahé Cibot
Adpatation graphique de Caroline Delavault
Éd. Casterman, coll. Sakka
octobre 2005, 198 pages - 9,95 €


À la manière de certains des autres ouvrages du grand magaka Jirô Taniguchi, ce Gourmet solitaire est une déambulation dans les quartiers de Tokyo. Mais, ici, chacun des dix-huit chapitres se conclut par une dégustation, une rencontre gourmande avec l’un des nombreux plats de la cuisine japonaise. Le plat et le lieu composent le titre de chaque chapitre. Un homme, importateur d’articles de mode de son état, entre au hasard de ses déplacements professionnels, dans des restaurants inconnus. Il y rencontre des mets et des gens, qu’il observe ou avec qui il se mêle. Chaque fois, son repas est offert au lecteur dans une image conçue un peu comme la photo d’un paysage sur laquelle serait mentionnés les différents sites représentés. C’est d’une beauté simple et un peu mélancolique. C’est terriblement appétissant et en même temps, pour le lecteur occidental peu au fait de la culture culinaire japonaise, délicieusement exotique.
Un régal pour les amateurs de manga et un livre à offrir de toute urgence à ceux, ils ne sont plus très nombreux heureusement, qui douteraient encore de la richesse et de l’intelligence d’une certaine bande dessinée japonaise.

Ariane Tapinos
(première publication: février 2006)


15/03/2011

10 contes du Japon | recueil de Rafe Martin

10 contes.gifIllustrations: Frédéric SOCHARD (int.) et Daniel PUDDLES (couv.)
Traduit de l’américain par Robert Giraud
Éd. Castor Poche Flammarion, coll. Contes, légendes et récits
[1996] sept. 2000, 118 pp. - 4,50 €

L’auteur de ce recueil est un Américain amoureux du Japon, de ses légendes, de sa culture. En adaptant une dizaine de contes plus ou moins connus en Occident, il tente de nous faire partager son admiration pour ces histoires qui nous ouvrent les portes sur «un univers rempli de mystère impalpable, de puissance intérieure, de signification morale, ainsi que d’un sens profond des beautés du monde naturel». Et il y parvient! En quelques pages, il nous transporte dans l’univers d’Urashima Taro, de Saule vert, de La Femme des neiges ou du Garçon qui dessinait des chats. Les textes sont simples et beaux, toujours envoûtants. Parents, ne résistez pas au plaisir de les lire à voix haute, même aux plus grands: c’est un bonheur de pénétrer ensemble, à la nuit tombée, dans ces contrées lointaines et lunaires. Les enfants n’ont aucun mal à laisser tomber notre rationalité toute occidentale pour côtoyer les fantômes des Genji ou l’esprit d’un saule incarné dans une belle jeune fille…

Corinne Chiaradia
(première publication: juillet 2005)

Les Deux Vies de Taro | album de Jean-Pierre Kerloc’h (texte) & Élodie Nouhen (ill.)

deux vies taro.gifD'après un conte du Japon
Éd. Didier jeunesse
août 2003 - 13,50 €

Encore enfant, Taro, le dernier né d’une longue lignée de pêcheurs, aime par dessus tout les longues promenades sur la plage à la recherche de coquillages chatoyants. Un jour, il sauve la vie d’une tortue de mer, en donnant sa récolte nacrée à ses agresseurs. La tortue, blessée, regagne la mer. Bien longtemps après, Taro fait des pêches miraculeuses. Un jour de tempête, il retrouve «sa» tortue qui le sauve de la noyade et le guide vers le Royaume de la mer. Là, il tombe sous le charme d’un univers merveilleux et de la fille du maître des lieux, la princesse Otohimé. Nageant (oui) dans le bonheur, Taro ne voit pas le temps passer… jusqu’à ce que «le gris de la nostalgie» le tourmente.

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La Légende du jardin japonais | album d'Arnauld Pontier (texte) & François Place (ill.)

Légende jardin japonais.gifÉd. Albin Michel jeunesse, coll. Petits contes de sagesse
1er semestre 2003 – 6,90 €

Il y a très lontemps, dans l’ancien Japon, la jeune et jolie Senhimé, orpheline de mère, affronta la colère jalouse de son père, un redoutable maître des samouraïs. Amoureuse, Senhimé vivait au rythme de ses rencontres avec Takahisa, apprenti poète et chanteur de talent. Les jeunes gens se parlaient peu mais échangeaient, derrière une haie d’aubépines blanches, des chants qui déplurent fortement au père guerrier, lequel s’empressa de tuer son «rival». La suite de l’histoire nous conte ce qu’il advint de Senhimé, comment le père affronta les terribles conséquences de son égoïsme et comment il «découvrit» le jardin japonais et son pouvoir protecteur…

Nous apprenons ainsi comment sont nés les petits jardins miniature, que l’on peut voir aujourd’hui dans beaucoup de maisons japonaises. Contenus dans des pots de terre cuite garnis de gravier, de plantes grasses ou d’un bonzaï et d’une petite figurine, ces délicats objets porteraient bonheur. Quant à la légende de leur naissance… Elle a été inventée de toutes pièces par Arnaud Ponthier (avec le concours bienveillant de François Place aux images)! Et c’est une jolie vraie-fausse légende que nous content ces deux auteurs amoureux du Japon. Dans cette histoire, il est question d’amour et de mort, de poésie et d’éternité: violence et délicatesse s’y côtoient, comme dans bien des contes japonais. Elle est illustrée avec bonheur, dans le même esprit de référence-révérence à la tradition iconographique japonaise.

Corinne Chiaradia
(première publication: juillet 2005)

Le Festin de Yoshi | album de Kimiko Kajikawa (texte) & Yumi Heo (ill.)

Festin de Yoshi.gifTexte français de Dominique Mathieu
Éd. Flammarion, coll. Père Castor
novembre 2003 - 12 €

Yoshi et Sabu sont voisins. Yoshi fabrique des éventails et Sabu pêche et cuisine des anguilles et, comme il n’arrive pas à les vendre, le soir venu il les mange toutes. Yoshi aimerait bien en déguster quelques-unes, mais pas au point de se délester de quelques pièces pour en acheter. Si bien qu’il se contente d’humer le délicieux fumet des anguilles grillées. Le plaisir qu’il éprouve à se repaître de cette odeur lui rapporte même de l’argent puisque son odorat satisfait, son estomac se contente de riz. Cependant un jour, excédé, Sabu vient lui demander de payer pour le fumet des anguilles dont il s’est régalé si longtemps…
Un conte plein de malice, ancré dans la réalité japonaise (quelques mots nous sont même expliqués à la fin de l’histoire), mais qui pourrait aussi bien se situer sous d’autres latitudes. La morale, car il y en a une, sur la solidarité et le partage, étant universelle.

Ariane Tapinos
(première publication: juillet 2005)

Ce qui arriva à monsieur et madame Kintaro | Livre-CD raconté par Muriel Bloch & illustré par Aurélia Fronty

Kintaro.gifUn conte du Japon
Éd. Gallimard jeunesse musique / Ocora Radio France, coll. Contes du bout du monde
avril 2005 - 16 €

Monsieur et madame Kintaro exercent avec bonheur, imagine-t-on, le métier de pickpockets dans la ville d’Osaka, mais l’astucieux commissaire Ooka les contraints à abandonner leurs activités. Plongés un temps dans une délicieuse oisiveté, les époux Kintaro ont bientôt besoin d’améliorer leurs finances. Ils entendent parler d’un village perdu dans les montagnes et peuplé d’habitants n’ayant qu’un œil au milieu du front. Ils entament alors un long voyage pour trouver et capturer l’un de ces cyclopes afin de l’exhiber dans toutes les villes du Japon et de gagner beaucoup d’argent. Mais tel est pris qui croyait prendre… Et c’est le cyclope qui les expose aux yeux (uniques) des siens, enfermés dans une grande cage.

Ce malicieux conte japonais est narré avec grand talent par Muriel Bloch. Son récit, comme les très belles images d’Aurélia Fronty, nous emmène dans un long voyage à travers un Japon réel et imaginaire. Les plages musicales sont étonnantes (la quatrième de couverture qualifie avec justesse la musique japonaise de fine et élégante) et captent l’attention de l’auditeur aussi sûrement que la voix souriante de la conteuse.

Ariane Tapinos
(1ère publication: juillet 2005)

La Femme dorade | album de Praline GAY-PARA (texte) & Christophe MERLIN (ill.)

Femme dorade.gifÉd. Syros, coll. Album paroles de conteurs-grandes oreilles
oct. 2008 – 10,50 €


Un pêcheur solitaire et malchanceux sauve un jour une dorade des mains de quelques garnements qui l’avaient prise pour un ballon. Il la rejette à la mer. Le soir même, une femme frappe à sa porte. Elle est belle et trempée. Il lui donne des habits secs, la moitié de son repas et lui offre le gîte pour la nuit. Au matin, il la quitte sans la réveiller. À son retour, elle l’attend devant une soupe au fumet délicieux. À ses questions sur ce qui rend la soupe si bonne, elle répond «si c’est bon, contente-toi de boire et ne pose pas de questions». Et ainsi, chaque soir, la femme, qui est devenue sa compagne, est plus belle et la soupe meilleure. L’homme continue de l’interroger, la femme répond: « Dans la vie, c’est l’amour ou les questions!» Un jour, n’y tenant plus, le pêcheur fait mine de quitter la maison mais revient sur ses pas et observe sa femme, à travers une faille du mur. Elle jette des épices dans la soupe… puis se déshabille, le bas de son corps se couvre d’écailles roses et elle plonge dans la marmite…

Une histoire d’amour ambiguë (c’est l’auteure elle-même qui le dit) qui se termine, on l’aura deviné, en queue de poisson… Une histoire contée avec gourmandise par Praline Gay-Para qui nous livre là un texte plein de saveurs épicées. Les illustrations de Christophe Merlin, où dominent le bleu et le jaune, sont belles et intrigantes. Un conte étrange et un peu mélancolique venu du Japon.

Ariane Tapinos
(première publication: novembre 2008)