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16/11/2015

LA LIBERTÉ

La liberté.jpgdocumentaire
de Emmanuel VAILLANT & Mélanie ALLAG (illustrations)
Éd. Milan, coll. Mes p’tites questions, septembre 2015 – 8,90€

Pour nous, adultes qui vivons dans un pays démocratique, la liberté est une évidence que nous avons perdu l’habitude d’interroger. Après les attentats de janvier 2015, il nous a pourtant fallu rappeler l’importance de ce terme et de ce qu’il recouvre, qu’on l’accole ou non, à celui d’expression.
Ce documentaire, qui s’adresse aux enfants dès 6 ans, propose, de manière très intelligence, de réfléchir ensemble, à ce qu’est la liberté. Partant, selon le principe de cette collection, de questions qui pourraient être posées par des enfants, Emmanuel Vaillant aborde toutes les facettes de ce terme qui figure au fronton de nos écoles.  Des origines de la liberté (« Qui a inventé la liberté ») à des questions propres à l’enfance : « Pourquoi les enfants ne sont pas libres comme les parents ? » ou «  Est- ce que j’ai le droit d’aller tout voir sur internet ? » ; il n’esquive pas les sujets plus compliqués encore, comme celui de l’hypocrisie qui consiste, pour certains dictateurs, à se revendiquer d’une valeur qu’ils bafouent chaque jour ou pour d’autres à masquer l’absence de liberté pour les populations par une liberté revendiquée pour les biens et les entreprises. Ou bien sûr celui de la liberté d’expression (« A-t-on le droit de tout dire ? »). Il n’omet pas non plus la question de la privation de liberté (« Pourquoi des gens vont-ils en prison ? ») et celle de notre responsabilité à l’égard des autres êtres vivants (« Pourquoi les animaux ne sont pas libres ? »).

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15/05/2014

PIERRE CONTRE CISEAUX

Pierre contre ciseaux.gifroman
de Inés GARLAND
Traduit de l’argentin par Sophie Hofnung
Éd. L’école des loisirs, coll. Médium, mars 2014, 227 pages - 16€

Alma appartient à la bourgeoisie de Buenos Aires. Ses parents possèdent une maison de vacances dans une île du delta où ils passent chaque weekend. Là, ils ont pour voisins Dona Angela, deux de ses fils, Tordo et Chico et les trois enfants de sa fille : Marito, Carmen et Lucio. Malgré leur différence de condition sociale, Carmen est la meilleure amie d’Alma. La seule aussi de cette petite fille enjouée mais solitaire, fille unique et plus à l’aise avec ses petits voisins qu’avec les enfants de son école privée de la capitale. Carmen et Alma partagent leur jeux en faisant fi de leurs différences comme seuls les enfants peuvent le faire. Elles passent des heures les pieds dans l’eau ou accrochées aux arbres à se raconter des histoires. Depuis les pontons, elles observent les adultes, elles guettent le passage du « collectif » (le bateau collectif) ou du bateau épicerie. Un jour, cachés derrière la fenêtre  elles observent les ébats de Tordo avec la belle « hongroise » (qui est allemande !) qui possède l’une des maisons le long du fleuve. Chaque jour, elles veillent sur le petit Lucio. Parfois, elles partagent leurs jeux avec Marito.
Plongée dans l’enfance puis dans l’adolescence, Alma ne perçoit pas immédiatement les changements liés à l’instauration de la dictature militaire qui succède au coup d’état du 26 mars 1976.  De leur côté, révoltés par la violence des injustices sociales qui marquent l’Argentine au début des années quatre vingt, Carmen et Marito ne restent pas inactifs.

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22/11/2013

UNE PLANÈTE DANS LA TÊTE

dictature,handicapRoman dérangeant
de Sally GARDNER
Traduit de l’anglais par Catherine Gibert
Éd. Gallimard Jeunesse, sept. 2013
254 pages – 14,90 €

Dans un monde totalitaire où règne la Mère Patrie et ses lois d’exclusion, un jeune garçon survit tant bien que mal avec son grand-père, dans la Zone 7, la zone des déshérités, des inadaptés et des opposants silencieux au régime.

Standish est dyslexique, considéré comme idiot par tous sauf par Hector, son seul ami, le fils de ses voisins, échouésaux marges de la société, pour mauvaise attitude envers la Mère Patrie.

Cet endroit délaissé et désolé est dominé par un étrange bâtiment entouré de grillages. Un jour, Hector va chercher leur ballon de l’autre côté des barrières. Peu après, il disparaît…

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26/05/2013

POURQUOI JE SUIS DEVENU UNE FILLE

afrique,dictature,élection,politiqueRoman
de Marion ACHARD
Illustré par
Vincent CAUT
Éd. Actes Sud Junior, coll. Cadet
Janvier 2013, 90 pp. – 7,70 €

Pour sa sécurité, Amadou s’est transformé en Aminata et c’est sous l’aspect d’une petite fille qu’il est arrivé à l’école française. Son père, Kimé Ouego, est le candidat de l’opposition aux élections présidentielles. Dans un pays qu’on devine bien loin de la démocratie, la vie publique de son père expose Amadou à de nombreux dangers. Pour autant, se faire passer pour une fille n’est pas sans risques et quand l’institutrice demande à ses élèves de compléter la phrase : « plus tard je serai… », Amadou se sent obligé de choisir « un métier au titre unisexe » et opte pour… dentiste ! Plus compliqué encore, ses relations avec la jolie Fatou sont pleines d’une épineuse ambiguïté.

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11/09/2012

NINA VOLKOVITCH

Nina Volkovitch.gifTome 1 : La Lignée
Roman fantastique de Carole TRÉBOR
Éd. Gulf Stream, septembre 2012
220 pages – 14,90 €

En 1948, Nina Volkovitch est envoyée à orphelinat de Karakievo qui accueille les enfants des « ennemis du peuple ». Son père a disparu alors qu’elle était enfant. Sa mère vient d’être arrêtée et envoyée en Sibérie pour avoir défendu les œuvres d’artistes jugés réactionnaires. Nina est quelqu’un de spécial. Elle a quinze ans et la taille d’un enfant de neuf ou dix ans. En 1941, en pleine guerre, elle a arrêté de grandir. À l’orphelinat, Nina va découvrir que ce n’est pas sa seule particularité…

Difficile d’en dire plus sur cet envoûtant roman sans dévoiler les ressorts du récit. On y trouve un soupçon de fantastique (peut-être amené à se développer dans les volumes suivants ?) dans le cadre historique de l’URSS aux pires heures du stalinisme.

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13/04/2012

ON N'A RIEN VU VENIR

On n'a rien vu venir.gifRoman d'anticipation de Anne-Gaëlle BALPE, Sandrine BEAU, Clémentine BEAUVAIS, Annelise HEURTIER, Agnès LAROCHE, Fanny ROBIN et Séverine VIDAL
Illustrations Aurore PETIT
Préface de Stéphane HESSEL
Éd. Alice, coll. Deuzio, février 2012, 111 pp. – 12€

Lundi 4 juin, la tension est à son comble dans la famille d’Hector qui suit avec passion la soirée électorale, dans l’attente fiévreuse de la victoire du parti qu’elle soutient, le Parti de la Liberté. Hector, lui, est bien moins enthousiaste. Il perçoit, sans trop de certitudes encore, que ce parti n’est pas celui de la tolérance et que son ami Walid et sa famille pourraient bien se retrouver en danger. Dès le lendemain de la victoire, les inquiétudes deviennent certitudes. Les libertés ne sont plus que dans la dénomination du parti au pouvoir. Les restrictions, les exclusions, elles, pleuvent. En quelque temps, des lois de plus en plus privatives de liberté sont promulguées. Elles s’accompagnent de dispositifs de surveillance et de contrôle social. Bientôt, les handicapés, les «trop-foncés», les homosexuels sont traqués… 

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30/06/2010

Le Dernier Danseur de Mao | témoignage de Li CUNXIN

Danseur Mao.jpgTraduit de l’américain par Isabelle Saint-Marti
É
d. L’École des loisirs, coll. Médium documents, mars 2010, 389 pp. - 14,80€

Plus qu’un documentaire, voici un étonnant témoignage. Celui d’un Chinois, Li Cunxin, né en1961 dans un village pauvre de la province de Shandong, qui deviendra danseur étoile aux États-Unis avant de faire sa vie en Australie où il écrira ce livre, publié une première fois en France en 2003 (éditions First).

Li est l’avant-dernier d’une famille de sept garçons. Ses parents travaillent la terre et luttent pour nourrir leurs enfants et les élever dignement. Lorsque qu’il a neuf ans, et alors que la Révolution culturelle bat son plein, Li est choisi pour intégrer l’École de danse de Madame Mao. Il y passera sept années à trimer pour forger son corps et son caractère. Devenu l’un des meilleurs élèves de son école, tant par ses talents artistiques que par son engagement politique au sein des jeunes Gardes rouges, et alors que le régime communiste, après la mort de Mao, relâche son étreinte sous l’effet de la politique de la porte ouverte de Deng Xiaoping, il est désigné pour aller promouvoir la danse chinoise aux États-Unis dans le cadre d’un échange culturel avec une école de danse de Houston. Ébranlé par les richesses et les libertés de l’Occident, et amoureux d’une jeune américaine, il passe à l’Ouest dans des conditions rocambolesques. Désormais, sa vie est du côté du «capitalisme pourri», loin des siens, de son village, de sa famille…

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07/11/2009

Breaking the Wall | roman de Claire GRATIAS

Breaking the wall.jpgÉd. Syros, coll. Rat noir | septembre 2009 | 242 pp. - 13€

Berlin 1989. À l’Est, Markus Schloss, un agent de la Stasi, est muré dans le silence depuis qu’il a eu un accident cardiaque. À demi reclus chez lui, il a tout le loisir de se remémorer sa vie, ses échecs, ses compromissions. Il relit le journal d’Anna, une jeune fille qu’il a connue, et aimée de loin, il y a des années.
À l’Ouest, Klaus Weber témoigne devant la caméra d’une documentariste française. Il raconte sa jeunesse à l’Est, son frère Eric et son amie Anna. Il raconte comment il a tenté de franchir le Mur. Comment, après des années de prison, il est finalement passé à l’Ouest.

Les récits de Markus et Klaus sont liés par celui d’Anna et tous les trois ont rendez-vous avec l’Histoire, le 9 novembre 1989.  
Claire Gratias renoue avec le roman noir sur fond de Guerre froide et revient sur les réalités les plus sordides de la RDA. Ceux qui ont en mémoire ces images ahurissantes d’une foule s’attaquant à coups de pioches et de cris de joie, à l’un des plus évidents symboles de la dictature et de la division de l’Europe, revivront avec émotion ce moment où l’Histoire a rencontré l’espoir. Construit comme un véritable roman policier qui s’enroule autour du Mur de Berlin, à la fois mobile et lieu du crime, Breaking the Wall est passionnant à lire aussi pour son retour sur une histoire que les moins de vingt ans…

Ariane Tapinos (octobre 2009)

04/05/2009

Oasis dans le Pacifique | roman de Jaime Alfonso SANDOVAL

oasis dans pacifique.gifTraduit de l’espagnol (Mexique) par Aleksandar Grujicic
[titre original : República mutante]
Éd. Thierry Magnier | mars 2009 | 288 pages – 11 €

Dès les premières lignes le ton est donné: «Ceci est un livre sur des personnes désagréables et en particulier sur une famille assez horripilante: la famille Topete Ruiz, ma famille». C’est Pepe junior qui parle, frère jumeau de Flora – adolescente renfrognée et paranoïaque ayant un goût prononcé pour l’horreur et l’apocalypse – et fils de don Pepe Topete, inventeur contrarié à l’imagination si débordante qu’elle mène souvent à un cheveu de la catastrophe atomique. La mère ? Pepe la qualifie de «mélange d’infirmière et de super-héroïne frustrée». Rien ne prédestinait cette famille mexicaine sans ressources – mais non sans histoires! – à faire partie des quelques milliers d’autres, sélectionnées de par le monde pour former les premiers bataillons de colons d’un nouveau pays, la République de Pangée, une île rêvée, créée et dirigée par l’inestimable don Augusto Barnaby (révérence svp). On s’en doute, le cadeau est un rien empoisonné, l’utopie écologiste fondatrice de ce nouvel état prend en fait racine sur des montagnes de déchets et s’enlise dans la tyrannie et les luttes de pouvoir. La famille Topete Ruiz survivra-t-elle à ce guet-apens? Résumons: la mère se désespère lorsqu’elle découvre que son nouvel intérieur a tout du carton-pâte recyclé, Flora se réjouit d’avance de découvrir les monstres mutants tapis dans les entrailles puantes de l’île, et le jeune Pepe s’interroge: doit-il craindre le pire ou encore admirer son père quand celui-ci accepte de devenir le nouveau grand «ingénieur» de Pangéopolis?

Nombreuses sont les péripéties et déconvenues qui émaillent ce récit et en font une lecture réjouissante. À mi-chemin entre «La Famille Adams» et Le Meilleur des mondes, le roman de Jaime Alfonso Sandoval est un régal pour qui apprécie l’humour noir, la politique-fiction… et le dépaysement. C’est cruel, très politiquement incorrect, écologiquement douteux: bref, revigorant.

Corinne Chiaradia (avril 2009)

08/01/2009

La Route des ossements | roman d'Anne FINE |

9782211090056.jpgTraduit de l’anglais par Myriam Amfreuille et Sophie Aslanides | Éd. L’École des loisirs, coll. Médium, sept. 2008, 240 pp. - 10 €

Un pays qui a tout de l’URSS sauf le nom. Un dictateur qui a tout de Staline, sauf le nom. Il a éliminé tous ses rivaux et anciens amis. Il fait régner la terreur sur le pays et envoie en camps tous ceux qui critiquent le régime. Et il suffit de peu...

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