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22/03/2014

LE LION ET LES TROIS BUFFLES

ruse,cruauté,pouvoir,contealbum
de Moncef DHOUIB (texte)
& May ANGELI (gravures sur bois)
Éd. Seuil Jeunesse, janvier 2014
15 €

Trois buffles, un blanc, un jaune et un noir, décident de voir le monde. En chemin, ils sont attaqués par une meute de chacals mais, en unissant leurs efforts, parviennent à les mettre en fuite. Arrivés dans la savane, ils rencontrent un lion. Autoritaire et cynique, il condescend à leur présence et leur promet même sa protection. Pourtant, très vite, il sème la zizanie entre les trois buffles et use de leur veulerie et de leur goût pour la proximité d’un puissant, pour les dévorer un à un.

Magnifiquement illustré par les gravures sur bois de May Angeli, ce conte traditionnel arabe est une sévère leçon pour tous les courtisans. Jusqu’au bout, le dernier buffle croit que « pour fréquenter les grands de ce monde, il faut parfois accepter des sacrifices ». Il apprendra à ses dépends que les puissants ne s’entourent de flatteurs que pour leur propre bénéfice.

Les images de May Angeli, baignées de jaune, comme si le pelage du lion avait envahi tout l’espace, donnent une grande force à cette histoire cruelle et font de cet album une belle réussite.

Ariane Tapinos (mars 2014)

 

20/03/2014

CE QUE J'AI OUBLIÉ DE TE DIRE

adolescence,suicide,auto-mutilation,amitiéRoman
de Joyce Carol OATES
Traduit de l’américain par Cécile Dutheil de la la Rochère
Éd. Albin Michel jeunesse, Coll. Wiz, janvier 2014
342 pages – 15 €


C’est la dernière année de lycée pour Merissa, Nadia et les autres filles de terminale de Quaker Heights. Une année qu’elles doivent affronter sans le soutien – sarcastique – de Tink. Parce que six mois plus tôt, Tink s’est suicidée et que son absence est dans tous les esprits. Katrina Traumer était arrivée deux ans auparavant, d’une école chic de New York, précédée d’une réputation sulfureuse d’enfant star et affublée d’une mère actrice sur le retour. Avec ses tenues excentriques, pour un lycée privé BCBG comme Quaker Heights, et son ironie mordante – dont élèves et professeurs allaient faire les frais – elle s’était fait une place à part dans ce petit monde en ébullition adolescente. Depuis sa mort, son absence est partout. Merissa, lycéenne parfaite en apparence, s’automutile pour se sentir exister encore. Nadia s’éprend de son professeur et vole un tableau de maître pour rappeler à son père – occupé avec sa dernière et (très) jeune épouse – qu’elle existe.

Dans ce monde où les adultes confondent leurs ambitions avec les désirs de leurs enfants, dans cet âge auquel les adultes ne comprennent (plus) rien, la lucidité rageuse de Tink, elle qui disait : « Je veux bien être ton amie - mais seulement si tu me promets de ne jamais, jamais compter sur moi », manque cruellement à chacune de ses amies.

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19/03/2014

JEU DE PISTE À VOLUBILIS

Volubilis.gifalbum
de Max Ducos
Éd. Sarbacane, 1er trimestre 2006 – 14,90 €

Une petite fille s’ennuie dans sa grande maison moderne, presque hostile à force d’être étrange. Jusqu’au jour où, par hasard, elle découvre une clef accompagnée d’une étiquette qui dit « En dix indices, Volubilis se fait jeu de piste, Pour découvrir le premier, Regarde bien la clé ». Commence alors une chasse au trésor qui va lui faire découvrir les charmes cachés de sa belle et originale maison. Et d’originalité, cet album n’en manque pas ! Il promène son lecteur, comme son héroïne, dans l’univers du design et de l’art moderne. Une maison comme cette Villa Volubilis, on en rêverait, surtout quand au-delà de son incroyable architecture, tout en volumes et en lumière, elle est meublée et décorée avec tant de goût : fauteuils Le Corbusier, platine CD Bang and Olfusen, tableaux Mondrian ou Picasso, mobile Calder...

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18/03/2014

LA PETITE CASSEROLE D'ANATOLE

handicap,differencealbum
d'Isabelle CARRIER
Éd. Bilboquet, mars 2009
13,50 €

« Anatole traîne toujours derrière lui sa petite casserole. Elle lui est tombée dessus un jour… On ne sait pas très bien pourquoi. […] À cause de cette petite casserole, Anatole n’est plus tout à fait comme les autres. » Anatole est un enfant différent, très sensible et plein de talents et de qualités. Seulement, à trainer sa petite casserole partout, il s’attire des regards pas toujours bienveillants et souvent sa petite casserole lui complique la vie : « peu de gens réalisent qu’Anatole doit faire deux fois plus d’efforts que les autres pour y arriver ».  Anatole décide un jour de se cacher, de se faire oublier mais, heureusement, « il existe des personnes extraordinaires. Il suffit d’en croiser une… » et Anatole va apprendre à faire avec ce qu’il est. Il va découvrir qu’il est doué pour beaucoup de choses et qu’il existe des moyens de trimballer sa petite casserole sans qu’elle prenne trop de place, sans surtout, qu’elle l’empêche d’être avec les autres et d’avancer dans la vie.

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MOI, IVAN CROCODILE !

Moi Ivan crocodile.gifAlbum
de René GOUICHOUX & Julia NEUHAUS
Éd. Atelier du poisson soluble, mai 2011
15 €

« Je m’appelle Ivan. J’ai six ans et je suis un crocodile. J’ai l’air d’un petit garçon mais à l’intérieur je suis un crocodile. Ça ne se voit pas, bien sûr, c’est à l’intérieur ».
Ivan, le petit garçon crocodile va à l’école avec les autres enfants et ce n’est pas facile. Les bruits de la cour, les cris des enfants, leurs moqueries, leur cruauté parfois aussi… Tout est difficile pour Ivan qui s’applique chaque jour à vivre parmi les autres. Heureusement, ses parents savent ce qu’est Ivan et ils l’aiment, tout crocodile qu’il est. Tout comme la maîtresse qui veille sur lui et sait, avec délicatesse le ramener « au milieu des autres ».

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JE TE RECONNAÎTRAI TOUJOURS, MON AMOUR

Je te reconnaitrai toujours mon amour.gifAlbum
de Nancy TILLMAN
Traduit de l’américain par Elisabeth Duval
Éd. Kaléidoscope, mars 2014
12,50 €

Une mère explique à son enfant que quels que soient les choix qu’il fera plus tard, elle le reconnaîtra. Derrière le petit renard elle saura voir l’étincelle de son regard, derrière le museau du cochon son petit menton, sous les pattes du raton laveur ses longs pieds de nageur et même ses baisers sous ceux du girafon. Parce que lui dit-elle « je te connais par cœur et mon cœur est ta maison ».

Une jolie litanie de mots d’amour d’une mère à son enfant portée par des illustrations tantôt belles et empruntes d’une douce magie, parfois un rien kitch mais pleines de charme.

À partager avec ceux qui sont dans nos cœurs.

Ariane Tapinos (mars 2014)

17/03/2014

LA JEUNE FILLE À LA LAINE

difference,langagealbum
de SEUNGYOUN Kim
Traduit et adapté du coréen par Yeong-Hee Lim et Michèle Moreau
É
d. Didier Jeunesse, janvier 2013
13,10 €

Une femme vivait auprès d’un pêcher. Un jour, d’une pêche sucrée elle enfanta une petite fille aux « joues douces et roses, comme les pêches ». Mais l’enfant grandissant, sa mère se rend compte qu’elle ne parle pas. Elle n’est pourtant ni sourde, ni muette mais « elle ne dit mot » et « son regard ne croise jamais » celui de sa mère. Celle-ci s’interroge sur les rêves de son enfant, sur son monde qui lui reste inaccessible.
Un jour d’hiver, la petite fille voit sa mère tricoter et s’exclame : « Lalènne ! Lalènne ! ». Quelle émotion pour sa mère que t’entendre les premiers mots de sa fille !

Désormais, partout on la surnommera « Lalènne, la tricoteuse » et partout elle poursuivra son tricot sans jamais prononcer d’autres mots que « Lalènne ». Jusqu’au jour où, devenue adulte, son chemin de fil la conduira à un jeune homme qui lui donnera enfin envie de dire « bonjour ».

Album un peu étrange qui déroule, tout en douceur, cette histoire d’enfant différente qui trouve son chemin dans le monde et finit par trouver une voix.

Ariane Tapinos (mars 2014)