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07/01/2010

La Poupée cassée | album de Marie-Danielle CROTEAU & Rachel MONNIER

poupée cassée.gifUn conte sur Frida Kahlo

Éd. Les 400 coups (Montréal), coll.  Au pays des grands | 2e trim. 2009 | 10€

Cet album s'inscrit dans une collection d'une grande originalité qui reconstruit le monde d'un artiste d'une façon singulière.

Ce conte-là, inspiré par la vie de l'artiste mexicaine Frida Kahlo, est la métaphore d'un rêve de la vie brisée de ce peintre. La poupée cassée évoque à la fois l'accident grave dont fut victime Frida Kahlo et l'émergence de son art, grand message d'espoir. Le texte, solidement documenté, est fractionné en épisodes courts, dans une typographie très lisible. Il est accompagné d'illustrations aux couleurs chaudes qui évoquent l'œuvre de l'artiste et nous plongent dans l'ambiance de ses tableaux.

Une belle réussite qui donne envie de découvrir ou de mieux connaître la vie et l'œuvre de Frida Kahlo.

Josuan (déc. 2009)

 

 

 

04/12/2009

Le Schmat doudou | album de Muriel BLOCH & Joëlle JOLIVET (illustrations)

Schmat doudou.jpg Éd. Syros, coll. Paroles de conteurs - Petites oreilles | sept. 2009 | 10,50€

À sa naissance Joseph reçu de son grand-père, tailleur de son état, une belle couverture cousue main pour couvrir son petit lit. En grandissant, l’enfant fît de la couverture son doudou qu’il traînait partout. Un schmat doudou, un doudou chiffon usé de toutes les tendresses de Joseph. Un jour sa mère en eut assez de cette couverture dégoûtante et la jeta. Joseph la récupéra et courut, de l’autre côté de la rue, chez son grand-père, qui aussitôt la transforma en une petite veste que Joseph porta jusqu’à ce qu’elle soit devenue vraiment trop petite. Alors sa mère s’en débarrassa de nouveau, et une fois encore, Joseph récupéra son schmat doudou et implora son grand-père d’en faire quelque chose qu’il pourrait garder. Le schmat doudou devint ainsi cravate, puis mouchoir et termina son existence de doudou en petit bouton de tissu pour fermer le pantalon de Joseph. Ce dernier le perdit, puis le retrouva, puis le perdit de nouveau… définitivement.

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02/12/2009

Le Sapin

sapin andersen.gifAlbum Noël / conte classique
Hans Christian Andersen (texte) et Marc Boutavant (ill.)
Traduit du danois par Jean-Baptiste Coursaud
Éd. Nathan, coll. « album » | octobre 2005
Nouvelle édition 2013
15,50 €
 
Andersen fut l’un des premiers à célébrer la tragédie des pauvres conifères sacrifiés sur l’autel des fêtes de fin d’année et l’on a rarement fait mieux depuis l’histoire de ce pauvre sapin toujours mécontent qui passe sa vie d’attentes en regrets pour finir brûlé sous le grand chaudron de la buanderie.

noël,conte classique,arbreUn conte de Noël mais aussi une fable (dont la morale est sans doute «carpe diem» voire «regarde ce qui t’arrivera si tu passes ton temps à râler») à lire en famille à côté du feu de bois mais avant l’arrivée du Père Noël, parce que, le conte fini, il faudra sans doute consoler tout le monde. C’est donc très triste, mais aussi très beau, avec ce qu’il faut de neige, de bougies, d’enfants ouvrant leurs paquets… Bref, Noël quoi. Mais ce qui fait de cette nouvelle édition un très beau cadeau, ce sont les magnifiques illustrations de Marc Boutavant. Le grand format de cet album est très bien exploité et ce dès la couverture, les couleurs ont un charme un peu désuet qui s’accorde fort bien au texte. C’est à la fois naïf, plein d’humour et très réaliste: on croit presque sentir le sapin! En somme, une réussite dont on aurait tort de se priver en cette fin d’année Andersen, même si elle nous donnera sans doute envie d’aller replanter le sapin au fond du jardin!

Nathalie Ventax

(première publication de l'article: décembre 2005)

30/11/2009

24 Contes pour attendre Noël

24 contes noël.gifContes traditionnels racontés par Anne LANOË
Éd. Fleurus | oct. 2009 | 78 pp. – 19,90€

Un livre gourmandise, or et chocolat, qui invite à déguster ensemble, jour après jour en décembre, des contes de tous pays.
Véritable calendrier de l'avent, ces histoires à lire ou à écouter appartiennent au patrimoine littéraire.
Les illustrations, colorées, chatoyantes, lumineuses nous invitent à cheminer dans l'ambiance festive et féerique de Noël.
Un bel ouvrage à la composition très soignée, que l'on retrouvera toujours avec plaisir au fil des années et des âges.

Josuan (novembre 2009)

17/07/2009

Cours de grimpette | album de Mimi BATHELEMY, illustré par Irène SCHOCH

Cours de grimpette.jpgÉd. Syros, coll. Album Paroles de conteurs - Moyennes oreilles | avril 2009 | 10,50€

C’est lundi, maître chat accroche un écriteau sur le mur de sa case qui annonce «Cours de grimpette». Un cabri qui passe par là voit tout l’intérêt qu’il y aurait à aller se servir directement au sommet des arbres de quelques savoureuses feuilles et il s’inscrit ilico au cours de maître chat. Le cabri n’est pas très doué – avec les sabots ce n’est pas facile et comme le dit maître chat «un âne ne peut devenir cheval de course» – mais il est persévérant et voilà que mercredi on le retrouve perché dans l’arbre! Il sera moins bon professeur qu’élève, mais depuis ce temps-là, il n’est pas rare de croiser des arbres remplis de cabris affamés.
Avec force couleurs et humour, Mimi Bathélémy et Irène Schoch nous content un récit traditionnel haïtien qui nous dit en substance que quand il est question de survie, chacun peut dépasser ses limites.

Ariane Tapinos (juin 2009)

10/07/2009

Le Taureau bleu | album conte de Coline PROMEYRAT, illustré par Martine BOURRE

taureau bleu.gifÉd. Didier jeunesse, coll. Escampette | mai 2009 | 12,50€

Dans cet album dédié à Jean Markale, Coline Promeyrat perpétue la tradition en nous transmettant un récit du patrimoine du Morbihan avec ses propres mots de conteuse.

La petite Yzole, maltraitée par sa marâtre, est sous la protection de son animal nourricier, le taureau bleu. Celui-ci doit être conduit à la boucherie. Yzole s'enfuit avec lui. Au cours de leur périple, véritable parcours initiatique, ils franchiront ensemble différentes épreuves…

Le récit, jalonné d’éléments appartenant à l’universalité des contes, se termine par une magnifique page de clôture, d’une grande sobriété, qui invite à la méditation. Les illustrations déroulent l’histoire et lui donnent sa pleine dimension. Le cadre quotidien, calme et champêtre des premières pages laisse place à une profusion de couleurs, de mouvements, de richesses graphiques qui, harmonieusement combinées, explosent de vitalité.

Un grand bonheur de lecture: plaisir des mots, des images.
Un bel album à partager par tous.

Josuan (juillet 2009)

18/05/2009

Le Chat Botté | conte de Charles PERRAULT, illustré par ALBERTINE

chat botté.gifÉd. La Joie de lire | mars 2009 | 13,50 €

À sa mort un vieux meunier ne possédait qu’un moulin, un âne et un chat, que ses trois fils se partagent. Le plus jeune hérite du chat. Qu’en faire ? Il renonce à le manger quand l’animal se met à parler et lui promet la richesse, en échange d’une paire de bottes et d’un sac. Fièrement botté, le chat a plus d’un tour dans son sac… Usant de flatterie et de ruse, l'animal s’invente un maître – le marquis de Carabas – auquel il prête des serviteurs et des propriétés : champs, château… Fin psychologue, le chat convainc le Roi de la grandeur de son maître, se débarrasse d’un ogre vaniteux et transforme le pauvre fils du meunier en séduisant marquis propre à épouser une princesse.

Ce classique des contes de Perrault est reproduit dans sa version originale et très élégamment illustré par Albertine. L’artiste n’a pas modernisé artificiellement le vieux conte, mais a mis à profit son style très personnel pour en souligner l’intemporalité. Ses images vivement colorées, où le vert et le rouge dominent, présentent une alliance de délicatesse (finesse du trait, détails précieux) et d’incongruité (corps très étirés, disproportionnés, décors décalés : la serviette fleurie du roi, la robe à faux-cul de la princesse…) qui fait toute la saveur de son travail et illustre très bien le réalisme-fantastique propre au conte. Le traitement récurrent de deux motifs déclinés à chaque page en est un bon exemple : le décor floral – herbes folles, fleurs et céréales perchées sur de très très longues tiges – semble tout droit sorti de l’imagination d’un peintre qui aurait longuement observé la nature pour mieux la distancer ; la forme oblongue du moulin surmontée d’une cocasse petite pique se retrouve elle dans le bonnet du meunier, sur les pâtisseries, la vaisselle, le carrosse ou même la poitrine de la princesse ! C’est charmant (au sens envoûtant, comme un filtre de fantaisie), drôle et tout à fait en accord avec l’imaginaire du conte.

Corinne Chiaradia (avril 2009)

Le Petit Chaperon rouge | conté par Gilles BIZOUERNE, illustré par BARROUX

petit chaperon-Barroux.gifVersion des Frères GRIMM
Éd. Seuil jeunesse, coll. Petits contes du tapis | avril 2009 - 13 €

Album original de grand format, cartonné, où le texte est volontairement mis sous un rabat à la fin de l'ouvrage pour désolidariser ou non la lecture du conte. Cette forme éditoriale – qui est la marque de fabrique des Petits contes du tapis, une excellente collection – renouvelle le classique «Petit Chaperon rouge».
Priorité est donnée aux illustrations pleines de couleurs vives. Les personnages stylisés, parfois esquissés, sollicitent l'imaginaire; les images fourmillent de détails que les enfants auront plaisir à découvrir. Le loup n'est jamais effrayant, même dans la scène où il dévore la petite fille, pourtant, bien que présenté sous une forme rassurante et chaleureuse, le message du conte est clairement délivré.
Une originalité : la version des frères Grimm est donnée avec son prolongement, une deuxième aventure du Petit Chaperon rouge, peu connue du grand public. Il s'agit en réalité d'une adaptation destinée à être lue ou contée aux enfants. Nous regrettons cependant la disparition de la formulette «Tirez la bobinette et la chevillette cherra» qui fait partie du charme de ce conte et du patrimoine littéraire.
Cet album est toutefois une réussite.

Josuan (mai 2009)

27/04/2009

Une reine trop belle | album de Christine LAMIRAUD

reine trop belle.jpgÉd. Talents Hauts, coll. Des livres pour les filles ET pour les garçons | avril 2009 | 11,50 €

Dans un palais vivait une reine si belle que ceux qui l’apercevaient ne pouvaient plus la quitter des yeux. Le roi son époux, rongé par la jalousie, décida de l’enfermer dans la plus haute tour pour la soustraire aux regards de ses sujets. La reine malheureuse un soir en vint à pleurer. Une rainette la vit et décida d’exaucer son vœu : être laide pour retrouver sa liberté. Au matin, elle se réveilla transformée et put dès lors discrètement se mêler à la vie du palais. Son mari affligé découvrit sa métamorphose, pourtant la rainette l’obligea à exposer de nouveau sa reine aux regards des habitants du royaume. Passée la surprise, tous reconnurent en elle cette charmante femme si pleine d’esprit, d’intelligence et de gentillesse, qui se mêlait chaque jour à la vie de la cour. Le roi comprit sa bêtise et il en resta ainsi.

Sous la forme d’un conte classique, une histoire qui l’est beaucoup moins, sur le regard qu’on porte à la beauté et qui parfois rend aveugle aux autres qualités et sur la jalousie comme appropriation de l’autre. Christine Lamiraud a eu l’excellente idée de ne pas clore son histoire sur une pirouette qui, en rendant à la reine sa beauté, aurait atténué son propos. Ici la reine reste laide mais aimée et respectée, par son roi comme par ses sujets, pour ce qu’elle est : une femme intelligente et généreuse.

Ariane Tapinos (avril 2009)

10/04/2009

Mon premier livre de contes et de comptines | album de Franciszka THEMERSON

9782352890423.jpgTraduit de l’anglais par Françoise Morvan
Éd. MéMo, coll. Les Trois Ourses | janvier 2009 – 28 €

Ce très bel album regroupe quatre contes (Qui a tué Robin Rouge-Gorge ?, Le Bonhomme de pain d’épice, Les Trois Petits Cochons et Les Trois Ours) illustrés par Franciszka Themerson, une dessinatrice d’origine polonaise émigrée en Angleterre dans les années 40. À la fois audacieuses et délicieusement rétro, ses illustrations sont pleines de vie, tendres et impertinentes, jouant sur les contrastes de couleurs (un orange très vif, très lumineux voisine avec un bleu gris profond) et de formes (de grands aplats unis complétés par des détails au pinceau fin, légers, rapides). Le loup des Trois Petits cochons, en gilet rose à fleurs blanches, chapeau melon et col cassé amidonné, harcelant un petit cochon dodu à souhait dont le linge sèche nonchalamment sur un bord de page, est tout à fait savoureux. Les textes – dans l’excellente traduction de Françoise Morvan – sont à l’avenant : ce sont des versions non édulcorées (Boucle d’or y est certes jolie mais surtout très mal élevée !), jouant sur l’accumulation (la course effrénée du Bonhomme de pain d’épice), la poésie énigmatique (Qui a tué rouge-gorge), les répétitions et allitérations (le loup, encore : « Il souffla à bouffées, il souffla à bouffées, il souffla et souffla à bouffées et bouffées : jamais il ne put souffler la maison »).

Également éditrice, avec son mari écrivain Stefan, Franciszka Themerson avait fondé à Londres Gaberbocchus Press, une maison indépendante qui avait pour idéal de publier des best-lookers, des livres d’artistes plutôt que des best-sellers. Rien d’étonnant à ce que MéMo, qui excelle à faire revivre les plus belles créations en ce domaine, nous donne aujourd’hui à apprécier une part de son travail à destination des enfants. Ce Premier livre de contes et de comptines offre un plaisir à ne pas bouder, mélange de classissisme, de fantaisie et d’avant garde… indémodable, qui devrait ravir les petits et leurs parents pour sa première publication en français, soixante ans après sa création en Angleterre.

Corinne Chiaradia (mars 2009)