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Rechercher : Nisse va à la poste

KURT A LA TÊTE EN COCOTTE-MINUTE

Kurt a la tête en cocotte-minute.jpgroman
de Erlend LOE
illustré par Kim HIORTHØY
Traduit du norvégien par Jean-Baptiste COURSAUD
Éd. La joie de Lire, janvier 2009, 162 pages - 8,50 €

Rien ne va plus chez Kurt ! Après des années de bons et loyaux services à piloter son Fenwick, voilà que la chômage menace… Un nouveau quai a ouvert ses portes à côté de celui de Gunnar qui emploie Kurt depuis des lustres : plus moderne, plus beau (et surtout plus propre!) il attire les bateaux comme des mouches laissant Kurt et ses collègues désœuvrés avec pour seule perspective le visionnage de sport automobile et de machins sur les animaux à la télé. Et voilà que Bud doit laisser sa place au jardin d’enfants à un petit garçon originaire d’Afrique qui en a beaucoup plus besoin que lui. Non décidément, rien ne va plus !
Et pour couronner le tout, voilà que Kurt découvre dans un container tout un tas de gens vraiment étrangers qui viennent compliquer la situation sous prétexte qu’ils ne pouvaient plus rester dans leur pays… Kurt, qui est pourtant un grand voyageur va avoir beaucoup de mal à accepter ces nouveaux venus qui ont le culot d’envahir son quai au pire moment et qui en plus, mangent du pâté de foie même pas norvégien.

Dans ce quatrième opus, Kurt et sa famille découvrent les joies de la mondialisation et les affres de l’immigration clandestine. Ce récit à l’humour grinçant épingle joyeusement le racisme et le cortège d’âneries qu’il peut provoquer chez des gens plutôt sympatoches de prime abord. De la xénophobie crasse d’un Kåre en passant par l’enthousiasme niais d’une Anne-Lise victime de sa gentillesse, à la terreur de Kurt de se voir remplacé, ou à l’indifférence des autorités en charge du problème, Erlend Loe dresse un portrait au vitriol des réactions parfois proches de l’absurde qu’engendrent l’arrivée de migrants dans une communauté. Un roman (d’abord pensé comme une pièce de théâtre) à mettre d’urgence entre les mains des grandes personnes qui se mettent la tête en cocotte-minute !

Nathalie Ventax (février 2018)

A lire sur notre blog, la critique d'un autre titre de la série : Méchant Kurt !, de Erlend Loe, La joie de Lire, 2007.

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26/02/2018 | Lien permanent

PHILIBERT MERLIN, APPRENTI ENCHANTEUR

Philibert Merlin.jpgroman
de Gwladys CONSTANT
Illustré par Juliette BARBANÈGRE
Éd. Rouergue, coll. Dac0Dac, janvier 2018, 112 pages - 9,50€

Philibert est le petit dernier d'une famille de sept enfants... autant dire que la tâche est sacrément ardue pour trouver sa place au sein de cette grande fratrie. D'autant plus que chez les Merlin, on est enchanteur (avec un tel patronyme on s'en serait douté) depuis la nuit des temps. Chacun et chacune possède un don, un talent  : Wolfgang, le grand frère est un musicien génial, Léonarda une virtuose du pinceau, Albert a la bosse des mathématiques (toutes ressemblances avec des personnes ayant existé n'est pas fortuite). Tous des prodiges... sauf Philibert ! Pas la moindre étincelle de génie, aucun don magique, contrairement à ses parents, ses frères et sœurs, Philibert est désespérément normal. A croire qu'aucune bonne fée ne s'est donné la peine de se pencher sur son berceau.

Cherchant désespérément son don, Philibert va s'essayer à l'herboristerie, avant de manquer d'empoisonner un camarade de classe, A la chimie, l’école a bien failli exploser...

Cherchant désespérément son don, Philibert va s'essayer à l'herboristerie, avant de manquer d'empoisonner un camarade de classe, A la chimie, l’école a bien failli exploser...

Inquiets et désemparés, ses parents, une physicienne renommée et un des plus grands chirurgiens cardiaques au monde, décident de l'envoyer à Vienne chez Clara Freud, une spécialiste des dons tardifs qui va lui expliquer que s'il n'a pas encore trouvé son don, c'est qu'il n'a pas encore été mis au contact de celui-ci. Qu'à cela ne tienne, la famille au grand complet lui prépare un grand barnum d'activités créatives et scientifiques aussi diverses que farfelues : Philibert doit trouver son don coûte que coûte ! 

Pfiou ! Et si, bien que croyant bien faire, cette famille un tantinet trop aimante et envahissante mettait trop de pression sur les épaules de Philibert... et si tout simplement, on lui fichait la paix à Philibert, peut-être finirait-il par trouver tout seul la recette de son talent ?

Une histoire de vilain petit canard des temps modernes et féériques qui aborde avec humour et tendresse la construction de soi à travers le regard de ce petit cancre pas tout à fait comme les autres.

Claire Lebreuvaud (septembre 2018)

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15/09/2018 | Lien permanent

ON EST TOUS FAIT DE MOLÉCULES

difference,homosexualité,homoparentalité,famille,famille recomposéeroman
de Susin NIELSEN
Traduit du canadien par Valérie LE PLOUHINEC
Éd. Hélium, avril 2015, 211 pages, 14,90€

Stewart a perdu sa mère un an et demi plus tôt. Le père d'Ashley a quitté sa mère car il a découvert son homosexualité. Le père de Stewart et la mère d'Ashley, collègues de travail, vont tomber amoureux et décider d'emménager ensemble dans la grande maison des parents d'Ashley. Cela ne va pas se faire sans heurts.

Stewart, 13 ans et Ashley, 14, ne pourraient être plus différents l'un de l'autre. Stewart est ce que l'on appelle communément un « geek » ou un « nerd », principalement intéressé par les sciences et Doctor Who, tandis que Ashley ne se préoccupe que des apparences, son physique bien sûr mais aussi l'image que renvoie sa famille etc.

Ces deux-là ne sont vraiment pas faits pour s'entendre... 

Et pourtant, comme le dit le titre du livre, on est tous fait de molécules. C'est-à-dire que si différents que nous pouvons être parfois, il ne faut pas oublier que nous sommes tous constitués de la même « matière première ».

Et c'est cela que va s'attacher à démontrer Susin Nielsen. La différence ici n'est pas gommée, l'autrice ne dit pas que tout le monde est semblable. Au contraire, la différence est célébrée !

Ashley, tout comme Stewart, ont tous deux des éléments à apporter à l'autre et c'est la rencontre avec un authentique méchant qui va leur en faire prendre conscience.

Ce roman, le quatrième de Susin Nielsen publié aux éditions Hélium, est l'un de ses plus aboutis. Il regorge d'ailleurs d'allusions à ses autres romans, ce qui est particulièrement réjouissant pour un lecteur de la première heure. Mais les plus nouveaux y trouveront également leur compte, ce livre étant une excellente introduction à l'oeuvre de l'autrice, dans laquelle la différence est toujours un moyen de rapprochement entre les êtres.

Agnès Renié (février 2018)

A lire sur notre blog, la critique de Moi, Ambrose, roi du scrabble, de la même autrice.

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23/02/2018 | Lien permanent

L'ALGÉRIE OU LA MORT DES AUTRES

algérie ou la mort.jpgRoman de Virginie BUISSON
Éd. Gallimard Jeunesse, coll. Folio Junior, 2000 - épuisé
Nouvelle édition : Coll. Scripto, janvier 2012, 112 pp. – 7 €

Militaire, le père de l’auteure est muté en Algérie au début des «événements». Elle a onze ans et découvre l’été méditerranéen, la générosité d’un village arabe qui s’offre à sa curiosité enchantée. Mais très vite elle perçoit le racisme, les tensions, puis la peur et le chaos s’installent, avec la violence et l’horreur quotidiennes ; c’est la guerre qui va et vient pendant cinq ans, tandis que la fillette grandit, s’éveille, souffre et connaît l’amour.

Mireille Penaud
(première publciation de l'article : mars 2003)

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24/01/2012 | Lien permanent

Seigneur Puma | album de Gérard MONCOMBLE et Xavier COLLETTE

seigneur puma.gifÉditions Mic_Mac | nov. 2009 | 12,90€

L'atmosphère est créée dès la couverture par l'opposition et la similitude entre les deux profils des personnages: blanc/noir, douceur/violence sur fond gris indéterminé.

Ksaar, chasseur de puma est un solitaire qui porte le poids de la tradition familiale: la protection du village. Il part à la chasse mais celui qu'il va rencontrer est «un puma blanc. Énorme, musculeux, un puma comme il n'en a jamais vu». Un affrontement commence où «Ksaar se demande qui est le chasseur, de lui ou du puma».

De même, le lecteur aura à lever l'ambiguïté de l'issue de la traque. Là se construit la légende magnifiquement contée par le texte de Gérard Moncomble et les illustrations de Xavier Collette.

Un ouvrage remarquable qui tiendra en haleine les lecteurs.

Josuan (déc. 2009)


 

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07/01/2010 | Lien permanent

Petit Mops | album d'ELZBIETA

petit mops.gifÉd. du Rouergue | mai 2009 | 19,50€

À mi-chemin entre l'ours et la taupe, Petit Mops est un personnage attachant que le lecteur pourra suivre au travers des aventures rassemblées dans ce volume. Quatre histoire toutes simples, en noir et blanc et sans paroles, qui évoquent avec poésie et humour la nature, le passage du temps et des saisons qui déconcertent parfois notre petit Mops! Baluchon à l'épaule, on le retrouve successivement sur une plage, près d'un arbre ou d'une rivière, car Petit Mops est un grand voyageur qui va de rencontre en rencontre, vers la ligne d'horizon toujours représentée dans le dessin très épuré d'Elzbieta, dont ce furent, en 1972, les premières histoires publiées et jusqu'à présent inédites en France.

Nathalie Ventax (juin 2009)

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16/06/2009 | Lien permanent

Le Bel Uniforme gris | album de Jérôme LE DORZE, illustré par Alessandra FUSI

bel uniforme gris.gifÉd. Anna Chanel, coll. De toi à moi | février 2009 – 13,50 €

Le thème de la guerre est poétiquement traité dans ce récit en randonnée.

Petit Bonhomme va généreusement offrir, à chaque étape de son parcours, une pièce de son uniforme de guerrier et recevoir, en échange, petit à petit, des éléments pour une tenue très « pacifique ».

Ce très bel album prône des valeurs humanistes universelles : amour, générosité, partage, altérité…
Nous avons beaucoup aimé le jeu dynamique entre le texte et les illustrations, la qualité de l’écriture, la symphonie des couleurs rassurantes qui portent ensemble un message de paix.
Souhaitons aux enfants, tous « Petits Bonshommes », de pouvoir vivre heureux, dans ce monde sans guerre !

Josuan (avril 2009)

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L’Enfant d’Hiroshima | roman de Isoko et Ichirô HATANO

Enfant d'Hiroshima.gifIllustrations de Joan Schatzberg (int.) et Keleck (couv.)
Traduit du japonais par Seiichi Motono
Préface d’Odette Georges Brunschwig
Éd. Gallimard jeunesse, coll. Folio junior
[1959] janvier 2010, 189 pages – 6,10 €

 L’Enfant d’Hiroshima est un magnifique dialogue entre un enfant (adolescent) et sa mère, un dialogue par lettres et journal interposés, qui s’étend sur une période de près de cinq ans. Cet échange a réellement eu lieu, de 1944 à 1948, entre le jeune Ichirô, étudiant à Tokyo et sa mère, Isoko, réfugiée à la campagne avec son mari et ses plus jeunes enfants. Ichirô n’est pas «né» à Hiroshima (contrairement à ce que le titre pourrait laisser entendre, il est plutôt un gosse de Tokyo, d’une famille d’intellectuels), mais ses interrogations, ses désirs, ses joies et ses peines sont sans doute représentatives d’une génération de Japonais qui a grandi avec la guerre et la Bombe, entrant dans l’âge adulte à l’ère «post-nucléaire» (il a dix-huit ans en 1948).
Composé au trois quarts par les lettres d’Ichirô à sa mère et pour le reste par les réponses de cette dernière à son fils si pressant, L’Enfant d’Hiroshima est ainsi un poignant témoignage du quotidien d’un adolescent japonais pendant les deux dernières années de la guerre, années de disette, d’humiliations, d’incertitudes, de craintes perpétuelles des bombardements.

Projeté dans la tourmente des événements, Ichirô n’en reste pas moins un enfant et s’il interroge sa mère sur l’issue possible de la guerre, sur la propagande, l’attitude par rapport à l’armée ou à l’empereur, ses préoccupations principales sont centrées sur son univers intime: travailler à l’école, avoir des patins à glace ou un nouveau manteau, nourrir en cachette un poussin, se faire des amis et s’inventer un «après»… Très profondément attaché à sa mère («Faites rage, lame et vent du monde impur, moi j’avance dans la vie aux côtés de ma mère»), Ichirô nous surprend par sa manière à la fois respectueuse et très directe de s’adresser à elle: il n’hésite pas à l’apostropher, la réprimander, la critiquer… Bref c’est un enfant très exigeant!

Les réponses d’Isoko sont concises, précises et elles aussi portées par un amour et une confiance inébranlables en son remuant rejeton. Car cette mère n’est pas ordinaire. Diplômée d’université avant la guerre, elle a dû tout abandonner de ses ambitions pour protéger et nourrir ses quatre enfants et son mari, lui-même intellectuel non-conformiste, contraint au silence jusqu’à la chute de l’empire. Patiemment, Isoko tente d’expliquer ses choix à son fils. Avec beaucoup de tact (jamais elle ne le rabaisse, le laissant toujours libre de choisir lui aussi), elle lui livre petit à petit les clés de son comportement et tout le prix de la liberté de pensée. Elle accepte aussi la critique et n’aura plus de complexe à «profiter» de la vie après la guerre: sur les conseils de son fils, Isoko s’autorisera à aller au cinéma et à exprimer publiquement ses opinions…

Corinne Chiaradia
(première publication: juillet 2005)

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20/03/2011 | Lien permanent

JOYEUX NOËL, RITA ET MACHIN

Joyeux noel Rita et Machin.gifAlbum
de Jean-Philippe ARROU-VIGNOD (texte)
& Olivier TALLEC (illustrations)
Éd. Gallimard Jeunesse
Octobre 2012 - 13,50 €

Énergique comme une pile atomique, Rita – petite fille à la frange coupée aux ciseaux et au regard malicieux et décidé – a du mal à supporter ce vieux Machin qui ne pense qu’à manger, dormir ou tricher ! En plus ce soir, c’est la veille de Noël et rien n’est prêt chez nos deux amis, pas même la lettre au Père Noël… 

« Aide-moi ou ça va barder ! » s’énerve maintenant Rita.
On assiste alors à un feu d’artifices de préparatifs plus cocasses les uns que les autres : sapin décoré avec des guirlandes de saucisses, bûche au potiron, panoplie de chien policier, chants de Noël version rock and roll… Sans compter que Machin veut commander au Père Noël le grand livre du professeur caniche pour apprendre à dresser sa maîtresse en douze leçons.
Si Rita découvre ça… elle va rougir !

Non seulement le texte des aventures de ces deux coquins nous fait rire, mais les illustrations de l’album en bichromie de Olivier Tallec, rappelant les graphismes épurés japonais, nous propulsent directement aux côtés de Rita et Machin. Nous courons derrière cette petite fille espiègle que nous imaginons régulièrement s’arrêter, les mains sur les hanches, les sourcils froncés jetant un regard autoritaire à ce flemmard de Machin qu’elle aime tellement !

À travers le Noël de ce couple explosif et décalé, transpercent le plaisir, la liberté et la complicité dans le travail de l’auteur et de l’illustrateur et nous ressentons tous, adultes comme enfants, les émotions et l’excitation de cette nuit de Noël.
Patience…  Les sapins, les lumières, les chocolats, les cadeaux, c’est pour bientôt !

Aurélie Armellini (décembre 2012)

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27/11/2012 | Lien permanent

LE CŒUR EN BRAILLE

école,amitié,handicap,amourRoman de Pascal RUTER
Éd. Didier Jeunesse, juin 2012, 290 pp. – 14,20€

Victor vit seul avec son père et leur passion commune pour les Panhards, des voitures des années 60. Il rentre en 5e. Son peu d’intérêt pour les apprentissages scolaires, associé à sa fâcheuse manie de mélanger les mots, lui laisse présager une année difficile. Seul son ami Haïçam, le fils du concierge du collège, un Turc  au prénom égyptien qui fait Shabbat, surdoué, amateur de loukoums et d’échecs, peut lui rendre la vie, au collège, un peu plus douce.

Mais cette année là est différente. Victor rencontre Marie. Marie et sa passion pour le violoncelle. Elle lui ouvre de nouveaux horizons et surtout… elle va avoir de plus en plus besoin de lui. Forcé par les circonstances et l’amour naissant, Victor va s’ouvrir au monde, à celui qui existe au-delà des Rolling Stones et de la belle mécanique des Panhards. 

Pour un premier roman, ce Cœur en Braille est une belle réussite. Plein d’humour et d’affection pour ses personnages tous éclopés, Pascal Ruter nous promène entre le rire et les larmes, avec douceur. Il semble nous dire que dans la vie c’est un peu comme ça : on a tous un truc de travers, un manque, quelque chose qui ne marche pas et que c’est de nos fragilités réunies que naissent les histoires.

À noter, la belle et gaie, couverture d'Anne Montel.

Ariane Tapinos (juin 2012)

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18/06/2012 | Lien permanent

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