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LA PRISONNIÈRE DU DJEBEL

Prisonnière du Djebel.gifRoman de Didier DAENINCKX
Éd. Oskar, coll. Histoire et Société
Janvier 2012, 72 pp. – 9,95 €

Suivi d’un entretien avec l’auteur

Alors qu’il fait des travaux dans l’appartement de son grand-père à Montreuil, Éric fait une étonnante et mystérieuse découverte. Bien cachés sous la baignoire, il trouve un pistolet, de vieilles cartes postales d’Algérie et une étrange photo sur laquelle il reconnaît Gilbert, son grand-père, aux côtés d’une jeune femme – européenne – attachée à un arbre. Peu de temps après, Éric retrouve Gilbert, en Charente Maritime où il a désormais élu domicile. Là, entre promenades et repas de famille, il tente de le faire parler du passé. Avec difficulté, Gilbert finira par lui livrer les secrets de cette photo : son enrôlement dans la Guerre d’Algérie, ses doutes et finalement sa désobéissance éclairée… Surtout, il dira enfin cette douleur sourde, ces «deux longues années d’aveuglement et de souffrances» sources d’une «blessure invisible» qui lui fait écrire qu’il s’est «amputé d’une partie de (sa) mémoire pour survivre».

Avec ce court roman, accessible aux jeunes lecteurs, Didier Daeninckx revient une fois de plus sur l’histoire trouble de la Guerre d’Algérie. Au-delà de cette histoire, inspirée pour partie de faits réels, il s’intéresse à la mémoire de cette guerre. Mémoire individuelle blessée, mémoire collective sélective… L’entretien avec l'auteur, proposé en fin de volume, est à ce titre très intéressant.  

Ariane Tapinos (janvier 2012)

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29/01/2012 | Lien permanent

DUO DE BESTIOLES

art,animaux,sculpture,recyclage,biodiversiteAlbum d'Alain BURBAN (sculpteur), Jean-Philippe GALLET (texte) et Paskal MARTIN (photos)
Éd. Les Ateliers Art terre (Rennes)
Novembre 2011 – 17 €

La maison d’édition Les Ateliers Art terre présente une particularité: elle associe productions plastiques, expositions et publications d’ouvrages sur le monde animal. Cet album est le fruit d’un cheminement, sculptures, expositions, photos et texte. Ces quatre étapes de création sont présentes dans le livre.
La composition régulière et rigoureuse évoque un bestiaire scientifique. Chaque double page est organisée en un face à face inattendu de deux animaux sculptés dans la partie supérieure.

En bas, une photographie en noir et blanc met en scène, avec humour, les deux animaux. Le tout s’accompagne d’un texte sur fond de couleur. Ne vous méprenez pas, ce texte a de l’importance: une petite histoire crée une connivence entre les deux sculptures devenant alors de véritables personnages. C’est une rencontre rocambolesque, un jeu plein d’ humour sur la langue, une situation faite de fantaisie et d’inventivité.

Au-delà de cette légèreté plusieurs messages sont adressés au jeune lecteur et chacun y trouvera un enrichissement. Chaque être est unique, a ses caractéristiques propres et sa raison d’être. Les différences sont source de richesse. L’union permet d’affronter et parfois même de solutionner les difficultés quotidiennes.

Les auteurs sont eux-mêmes engagés dans cette voie. Ils utilisent pour leurs créations des matériaux recyclés, font partager la notion de biodiversité et d’écologie au public lors d’expositions ou de publications.
Un livre original, engagé, tout à fait d’actualité.

Josuan (février 2012)

 

 

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18/02/2012 | Lien permanent

GARE AU RENARD !

renard,poulealbum
de Pat HUTCHINS
Traduit de l’anglais par Alice Seelow.
Éd. Circonflexe, coll. Aux couleurs du monde, avril 2014 – 13€

« Rosie la poule va se promener ». Elle ignore ce que nous lecteurs nous voyons : le renard la suit et ses intentions sont tout sauf pacifiques. Mais  Rosie, là encore sans le savoir, a beaucoup de chance : le renard ne cesse d’être contrarié dans sa volonté de la croquer. Là il se prend les pattes dans un râteau, ici il est assommé par un sac de farine ou poursuivit par un essaim d’abeilles… Et Rosie « rentre à temps pour dîner », saine et sauve.

Publié pour la première fois aux Etats-Unis en 1968, ce merveilleux album est, comme nous l’apprend la passionnante préface de sa traductrice, Alice Seelow,  le premier de Pat Hutchins et a été récompensé à sa sortie par plusieurs distinctions. On s’étonne qu’il n’est pas été proposé au public français plus tôt tant il paraît évident qu’il appartient à ce que l’on qualifie de « classiques de la littérature jeunesse ».

Avec un texte réduit au minimum et des images lumineuses et originales (au stylo et à l’encre de couleurs pour un incroyable aspect gravure), il s’adresse au lecteur à la manière de ces dessins animés où le spectateur voit arriver les dangers que les personnages ignorent. Cette connivence réjouit toujours les petits (et les grands aussi).

Avec cet album, publié dans la collection « Aux couleurs de l’Europe » les éditions Circonflexe poursuivent un formidable travail qui met en lumière cet immense patrimoine qu’est la littérature jeunesse illustrée à travers l’espace et le temps (avec également la collection « Aux couleurs du temps »).

Ariane Tapinos (mai 2014)

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LE MATCH D'ALICE

footballPremière lecture
de Arnaud ALMÉRAS
& Béatrice RODRIGUEZ
(illustrations)

Éd. Bayard jeunesse
coll. Bayard poche « Mes premiers j’aime lire »
A
vril 2006 [2005], 32 pp. -  [ÉPUISÉ]

Samedi matin, Alice accompagne son père pour son footing dans le parc. Alice adore courir, mais hésite à imiter son père quand il accepte une partie de foot improvisée avec des copains à elle, Oscar et Elliot, accompagnés de leur père et de deux « grands ». Toutefois, elle ne peut résister bien longtemps et se joint au joyeux groupe. Les adultes font un peu les pitres, Alice prend vite de l’assurance et s’amuse beaucoup. C’est décidé : pour son anniversaire tout proche elle organisera un match : c’est bien mieux que la danse (qui fait fuir les garçons) ou la pêche au canard !

Une première lecture sympathique, qui parle bien du plaisir de jouer à six ans, que l’on soit fille ou garçon. Le tout introduit par une relation père-fille crédible. En fait, les hésitations d’Alice au départ tiennent au moins autant à son inexpérience (« c’est du sérieux... il y a des grands... ils jouent avec un vrai ballon ») qu’à son sexe. Un progrès !

Corinne Chiaradia (première publication de l'article :  mars 2007)

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03/07/2014 | Lien permanent

AU TEMPS DE THÉÂTRE GREC. Journal de Cléo, Athènes 468 avant J.-C.

antiquité,grèce,theatre,filleRoman
de Viviane KOENING
Éd. Gallimard Jeunesse, coll. Mon Histoire
Avril 2013, 143 pages – 9,50 €

Cléo est la fille du grand Cléandros, comédien réputé et maintes fois primé lors des Grandes Dyonisies au cours desquelles tragédiens et comédiens rivalisent de talent pour plaire au peuple d’Athènes. Habitué aux tragédies d’Eschyle, Cléandros découvre cette année un jeune auteur promis à la postérité : Sophocle. Le père de Cléo jouera Antigone (la pièce et le rôle titre ainsi que plusieurs autres personnages). Pour se préparer, il met à contribution sa fille qui se plonge avec bonheur dans la lecture de Sophocle et prend un grand plaisir à donner la réplique à son père. Plaisir partagé, puisque ce dernier lui propose bientôt de l’accompagner, travestie en jeune garçon (le théâtre est interdit aux Athéniennes, sur les planches comme sur les gradins). Les répétitions avancent et alors qu’un comédien est malade, Cléo, toujours sous le déguisement de Loulios, se retrouve à jouer avec son père devant le grand Sophocle !

Sous la forme d’un journal d’adolescente d’une lecture très accessible et très fluide, Viviane Koening entraine son lecteur (espérons que filles et garçons liront ce très bon roman) au cœur de la création d’une des plus grandes œuvre de la culture occidentale. Telle une petite souris projetée au siècle de Périclès, le lecteur accompagne Cléo dans sa vie quotidienne et dans sa découverte d’Antigone. Sans jamais alourdir l’histoire, Viviane Koening glisse de nombreuses informations sur la Grèce Antique, le théâtre, la place des femmes dans la société, le destin tragique des Labdacides…

Un roman qui pourrait bien séduire les enseignants autant que les enfants !

Ariane Tapinos (été 2013)

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02/09/2013 | Lien permanent

VOICI LA PUCE PICO

Voici la puce Pico.gifAlbum
de TA
NIKAWA Shuntarô (texte)
& WADA Makoto (illustrations)
Traduit du japonais par Saïto Junko
Éd. Picquier jeunesse
Septembre 2012 – 12 €

Tout commence par une puce. Elle s’appelle Pico et habite sur le chat Goémon. Goémon, le chat dont Akira a écrasé la queue. Akira, dont la maman lit un manga… Viennent ensuite un pâtissier, un banquier, un lutteur de Sumo, une « chanteuse admirée », un voleur et un perroquet, un épicier, un maire (qui a une fausse dent), un dentiste, un professeur de cor, un chat et… une puce ! Page de droite, une illustration pleine page avec les personnages tout ronds qui prennent toute la place tandis que, page de gauche, les phrases s’accumulent en faisant descendre le texte jusqu’à occuper tout l'espace.

D’un côté, l’image prend ses aises dans l’espace de la page blanche, de l’autre, le texte – dans une jolie typographie d’imprimerie bleue – se serre dans la page au fond crème. Les images se déploient, la lecture s’allonge et se répète. À condition d’y mettre le ton (on peut s’amuser à changer de voix, de rythme…) c’est le succès garanti auprès des petits !

Déjà auteurs ensemble du génial Hiroshi creuse un trou, Tanikawa Shuntarô et Wada Makoto nous offrent une plaisante promenade à dos de puce et une amusante galerie de personnages.

Ariane Tapinos (septembre 2012)

 

 

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14/10/2012 | Lien permanent

QUAND LA MORT EST VENUE

quand la mort est venue.gifAlbum de Jürg SCHUBIGER
& Rotraut Susanne BERNER
Traduit de l’allemand par Marion Graf
Éd. La Joie de lire
Octobre 2012 – 13,90 €

Avant, « nos fronts n’avaient pas de rides. On ne souhaitait jamais à personne une “bonne journée” car toutes les journées étaient bonnes ». Ça c’était avant. Avant que la mort, un soir, ne vienne faire étape au village, ne trébuche devant la porte, ne s’installe dans la grange, ne mette le feu à la maison. Au matin, la maison est détruite et le petit frère couché à plat ventre au milieu des gravats.

« Depuis, quand un nouveau jour commence, nous nous souhaitons les uns les autres une bonne journée. Si quelqu’un éternue, nous lui disons : À tes souhaits ! Et quand quelqu’un s’en va, nous lui souhaitons bon voyage ».

Plus que de la mort d’un enfant et du deuil, peut-être impossible, à peine évoqués, cet album, nous parle de la valeur de la vie. Du relief que prend soudain le quotidien quand il est passé à travers le broyeur du malheur. Là où la mort s’est arrêtée, la vie douloureusement meurtrie est un bien plus précieux encore. Il faut tout le talent et la beauté presque naïve des images de Rotraut Susanne Berner pour donner à cette histoire horrible (quoi de plus insoutenable en effet que la mort d’un enfant) l’humanité qui la rend tolérable. Pour donner raison, aussi, au texte de Jürg Schubiger qui nous dit que la mort, passante indésirable mais inévitable, ne tue jamais l’espoir.

Avec cet album, comme avec beaucoup d’autres, on est loin du monde enchanté… On est dans la vie crue et cruelle. Celle que la mort traverse, celle où la douleur est un feu qui brûle (presque) tout. Celle aussi où les rivières continuent de couler, où les maisons détruites sont rebâties, où les joies succèdent aux peines.

Ariane Tapinos (novembre 2012)

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15/11/2012 | Lien permanent

OUBLIE-MOI UN PEU, PAPA !

divorce,relations père-filleRoman jeune lecteur
de Brigitte SMADJA

Éd. L'École des Loisirs, coll. Neuf
Septembre 2012, 137 pages – 9,20 €

Naomi s’apprêtait à passer une belle journée à la fête d’anniversaire de sa meilleure amie, Valentine, quand ses parents graves et embarrassés lui ont annoncé la nouvelle : ils s’aimaient bien, mais ils ne s’aimaient plus ; terminé, ils se séparaient. En revenant de la fête, le père de Naomi avait déménagé et sa mère avait préparé une tarte au citron meringuée…

Après le divorce, Naomi découvre que son père aime les appartements modernes et blancs, le bain moussant, les gadgets derniers cris, qu’il déteste le camping et ne rien faire. Elle découvre aussi qu’il est prêt à lui organiser ses journées avec tellement d’activités père-fille qu’elle n’aura plus une minute à elle. Avec le nouveau planning, elle peut dire adieu à la glace du mardi soir, aux mercredis chez Valentine. Plus rien n’est comme avant et Naomi ne sait plus trop où est sa place et comment gérer les débordements d’affections paternels. Comment lui faire comprendre qu’on peut rester seul sans s’ennuyer ? Qu’elle est fatiguée des matinées piscine à faire des longueurs ? Que la visite du musée de la poupée ne l’amuse pas plus que ça ? Qu’il a le droit de répondre au téléphone en sa présence ? Elle aimerait un juste milieu entre son père d’avant qui passait ses journées enfermé dans son bureau à travailler et ce nouveau père trop anxieux d’être parfait.

Un roman sur la vie après le divorce, juste et qui ne manque pas d’humour. Les personnages sont réalistes et attachants et l’on prend un vrai plaisir à suivre ce duo père-fille qui se découvre.

Nathalie Ventax (octobre 2012)

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10/10/2012 | Lien permanent

VELVET

velvet.gifRoman historique de Mary HOOPER
Traduit de l’anglais par Fanny Ladd et Patricia Duez
Éd. Les Grandes Personnes, sept. 2012
325 pages – 17,50 €

Au début du XXe siècle, à Londres, Velvet, une jeune orpheline, survit en travaillant dans la chaleur et la moiteur étouffante d’une blanchisserie. Mais la chance lui sourit deux fois : d’abord on lui confie le linge de riches clientes, ensuite l’une d’entre elles, Madame Savoya, une médium très en vue, la prend à son service. Quittant l’enfer de la condition ouvrière, Velvet découvre les fastes d’une grande demeure londonienne et les mystères du spiritisme.

Aux côtés de Georges, le bel assistant de Madame Savoya, elle assiste fascinée aux échanges quotidiens entre cette dernière et le monde des esprits. Envoûtée par la beauté et le talent de la maîtresse de maison, tout autant que par les yeux verts de Georges, Velvet se rêve en épouse comblée et fortunée et délaisse son vieil ami Charlie.

Un peu naïve, elle est cependant de plus en plus intriguée par les pouvoirs de la médium, au point de se mettre bientôt en danger…

Mary Hooper a un talent incomparable pour plonger son lecteur dans les tourments mêlés de l’époque qu’elle choisit et des sentiments de ses personnages. Ses héroïnes sont souvent malmenées par la vie et leur condition sociale les destine au pire. Mary Hooper s’attache, dans chacun de ses romans, à la condition des femmes pauvres et leur offre, magie de la littérature, des destins d’héroïnes.

Ariane Tapinos (septembre 2012)

 

NB : Pour lire la critique de La Messagère de l'au-delà, un précédent roman (excellent!) de Mary Hooper, cliquer ICI.

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14/09/2012 | Lien permanent

TAPAGE NOCTURNE

école,violence,violence conjugaleRoman jeune lecteur de Nicole AMRAL
Éd. Oskar, mai 2012
55 pages – 7,75 €

Antoine a le coup de poing facile et à peine arrivé, en cours d’année, en CM2 dans sa nouvelle école, c’est la bagarre. Direction le bureau de la directrice où il doit effectuer de longs devoirs au titre de punition. Antoine se contrôle quelques temps. Jusqu’à ce jour, où, à la cantine, un garçon se moque de lui et de sa mère. Alors le jeune garçon frappe, encore et encore. Antoine qui croit que « tapage nocturne » c’est « quand un mari bat sa femme en pleine nuit » va devoir fréquenter le bureau de Sylvie, la rééducatrice. 

Là, il va apprendre que ce n’est pas parce que son père est violent que la violence est son seul horizon. Avec Sylvie, il va découvrir la confiance et l’amitié d’autres éclopés de la vie. Et sa mère, devant la transformation de son fils va prendre conscience de l’importance de mettre des mots sur les coups de son mari.

Ce court roman qui voit un enfant violent – victime de la violence des adultes - s’apaiser grâce à l’intervention, dans l’école, d’une rééducatrice est comme un plaidoyer pour les défunts RASED. Oui, l’école, si elle prend la mesure des difficultés de certains élèves et le temps de les aider, est un lieu d’apprentissage qui conduit les enfants vers leur autonomie.

Avec un texte simple et bref, Nicole Amral s’adresse aux plus jeunes et leur dit de faire confiance à l’école…

Ariane Tapinos (juin 2012)

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02/08/2012 | Lien permanent

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