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31/03/2019

LE GRAND VOYAGE

LeGrandVoyage2019.jpgalbum
de Camille ANDROS & Julie MORSTAD (illustrations)
Traduit de l’américain par Marie Ollier
Éd. Gallimard Jeunesse, mars 2019 – 13,50€

Branches d’olivier, citronniers, maisons blanchies à la chaux, coupoles bleues azur… C’est bien en Grèce que s’ouvre ce joli album qui retrace, à travers les pérégrinations d’une robe cousue par une mère pour son enfant, l’histoire d’une migration. Celles des grecs qui, dans la première moitié du XXe siècle, quittèrent massivement leur pays pour rejoindre l’Amérique de toutes les espérances.

A leur arrivée à Ellis Island, la malle dans laquelle la robe était rangée est égarée. Au fil des années, alors que l’enfant grandit et devient une jeune femme américaine, la malle parcours le monde. Un jour enfin, elle se pose dans la vitrine d’un brocanteur. Et c’est là que sa propriétaire la retrouve. Elle semble alors contenir tous les souvenirs d’enfance de cette femme qui a connu l’exil. L’album se referme sur la jeune femme qui aide sa fille à enfiler sa robe d’enfance.

On l’aura compris, il est question ici de ce qui se transmet par-delà l’exil. De ce qui perdure du pays que l’on quitte et qui forge cette identité multiple de ceux qui ont, par choix ou par obligation, quitté leur pays, leur culture, pour atteindre d’autres rivages.


L’album de Camille Andros et Julie Morstad ne dit rien de ce qui pousse la famille de cette enfant à quitter son pays, son île, dont les images sont celles des cartes postales des Cyclades.  Rien ici sur la pauvreté et la désagrégation de l’empire Ottoman, qui ont poussé plus d’un demi-million de grecs à émigrer aux États-Unis entre la fin du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle. Cette histoire, qui est celle racontée par Ellia Kazan dans son magnifique film America, America, est aujourd’hui éclipsée par celle tragique des migrants qui fuyant, depuis des contrées plus au sud, ravagées par les guerres et la misère, trouvent un refuge précaire sur les côtes de l’Europe.

Malgré tout, cet album nous rappelle que l’histoire offre toujours un regard intéressant sur le présent.

Ariane Tapinos (mars 2019)

A voir et revoir America, America, Ellia Kazan, 1963. Mais aussi, le documentaire The Journey : The Greek American Dream, de Maria Iliou.

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