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16/02/2018

LE TROISIÈME FILS DE MONSIEUR JOHN

difference,handicap,grandir,fratrie,tolérancealbum
de Nadine BRUN-COSME & Christiane DAVENIER (illustrations)
Éd. Sarbacane - Amnesty International, 1er semestre 2018 - 15,50€

Monsieur John a trois fils. A la naissance de chacun d’entre eux, il planté un arbre. Le premier, un sapin, a poussé bien droit, le second, un chêne, a grandit bien rond. L’un et l’autre ont fait la fierté de Monsieur John et la joie des voisins qui se sont ébahis devant tant de droiture et de rondeur, devant ces arbres et ces garçons si parfaits.

A la naissance de son troisième fils Monsieur John a planté, comme à chaque fois, une graine, celle-ci n’a pas fait surgir le bel arbre attendu mais plutôt un arbre sans nom, un « n’importe quoi » qui pousse dans tous les sens. Un arbre que Monsieur John a relégué au fond du jardin et que les voisins ont ignoré.

Ce n’est que bien plus tard, lorsque les deux ainés ont finalement quitté la maison que Monsieur John entend la petite voix de son troisième né perché dans son arbre ; et remarque que celui-ci est devenu splendide tout en ne ressemblant à aucun autre. Alors, Monsieur John et les voisins s’assoient à l’ombre de cet arbre sauvage et beau et écoutent ce que le troisième fils avait à dire.


La métaphore des enfants qui ne poussent pas droit est bien connue mais elle est ici magnifiée dans un récit plein de tendresse servi par des images lumineuses.

Le troisième fils de Monsieur John pousse discrètement, tel son arbre tordu, à l’ombre de ses ainés. Il a besoin de temps, de calme pour trouver sa voix/voie. Là où pour ses frères, les choses sont évidentes, les rapports au monde extérieur aisés et leur vie toute tracée, lui ne correspond pas aux attentes des autres qui portent sur lui un regard déçu avant de ne plus le voir du tout.

On sait bien, comme l’a chanté Brassens* que « les brav’s gens n'aiment pas que 
L'on suive une autre route qu'eux… » mais ici , les braves gens ouvrent les yeux et découvrent un être différent, une autre manière d’être à la vie qui pourrait bien enrichir la leur.

Une manière de dire aux enfants que la beauté peut surgir dans les marges, là où on ne l'attendait pas, qu'il faut à certains enfants du temps pour s’ouvrir au monde comme qu’il faut parfois du temps pour accoutumer son regard aux autres.

Ariane Tapinos (février 2018)

* Dans la chanson : La mauvaise réputation

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