Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Page d'accueil

25/06/2018

LES MAUX BLEUS

Les maux bleus.jpgroman
de Christine FÉRET-FLEURY
Éd. Gulf Stream, coll. Échos, mai 2018, 191 pages - 15€

Armelle aime les filles. Elle en la certitude depuis que son regard a croisé celui d’une jeune femme sur une aire d’autoroute. Depuis elle confie ses désirs et ses maux à son petit carnet bleu acheté le jour même pour déverser ce trop plein d’émotions. Elle sait que ce ne sera pas facile et ses condisciples au lycée prennent soin de le lui rappeler méchamment mais elle a pris le temps d’y réfléchir et elle a décidé d’en parler à ses parents.

Elle est prête mais rien ne se passe comme elle l’avait prévu. Alors qu’elle s’apprête à leur révéler son homosexualité, ses parents lui annoncent fièrement qu’elle va participer à sa première manifestation. Et dès le lendemain, ils la trainent à une démonstration de force de la « Manif pour tous ». N’en pouvant plus, elle rentre chez elle. A leur retour le clash est inévitable et très brutal. Ses parents la mettent à la porte sans autre forme de procès -et encore moins de discussion - lorsqu’ils comprennent qu’elle est lesbienne.


Sans révéler toutes les péripéties de ce récit, on peut quand même dire que si Armelle ne dormira dehors que quelques jours ce ne sera pas grâce à ses parents mais qu’elle trouvera d’autres adultes pour l’écouter et la guider.
Ce roman est d’une grande violence : comment des parents peuvent-ils mettre à la rue leur fille de 16 ans ? Au nom de quels principes absurdes, de quelle intolérance criminelle, des parents peuvent-ils s’exempter de leur obligation de protection de leur enfant ?

Cette violence fait pourtant écho à celle des slogans de la « Manif pour tous », qui a ouvert les vannes de la haine. Et c’est là où le roman de Christine Féret-Fleury est le plus réussi : dans ce portrait, à charge, d’une famille presque banale dans laquelle une mère préfère préserver la conformité à ce qu’elle estime être la norme sociale au risque de perdre sa fille, tandis qu’un père, tête basse, renonce à son enfant plutôt que de bousculer les certitudes de son épouse.

Et pourtant, Les maux bleus n’est pas un livre triste, c’est un beau roman de combat ! 

Ariane Tapinos (juin 2018)

homosexualité,famille,homoparentalité,homophobieA lire également sur le même sujet : Mauvais fils, de Raphaëlle Frier, aux éditions Talents Hauts, dans l'excellente collection Ego.

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.