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22/01/2017

LE SECRET DE GRAYSON

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de Ami POLONSKY
Traduit de l’américain par Valérie Le Plouhinec
Éd. Albin Michel Jeunesse, coll. Litt’, septembre 2016,  334 pages - 15,90€

Grayson a 12 ans et depuis la mort de ses deux parents dans un accident de voiture alors qu’il n’avait que 4 ans, il vit avec sa tante Sally et son oncle Evan, le frère de son père et leurs deux enfants : Jack qui a à peu près son âge et le petit Brett. Pour son entourage, il est un adolescent ordinaire. Un peu timide et renfermé mais rien qui laisse deviner ses tourments intérieurs. Pourtant, depuis aussi longtemps qu’il s’en souvient, Grayson s’est toujours perçu comme une fille. Une fille enfermée dans un corps de garçon dont les transformations lui échappent de plus en plus.

Pendant longtemps, il suffisait à Grayson d’imaginer que ses longs T-shirts étaient des robes ou que ses grands bermudas étaient de belles jupes, pour que, rassuré, il puisse se faire croire que son apparence correspondait bien à son sentiment intérieur. Avec l’adolescence, les changements du corps mais également ceux des relations entre lui et le monde extérieur, ces stratagèmes sont de plus en plus inefficaces et par voie de conséquence, sa souffrance de plus en plus intolérable.
Il ne cesse de se demander comment ses parents le percevaient. Il sait, confusément, qu’il était en sécurité avec eux.

Sur un coup de tête, il décide de se présenter aux auditions organisées par son professeur de littérature, M. Finnegan, pour une pièce qui retrace le mythe de Perséphone. Surtout… il décide de se présenter pour le rôle titre - un personnage de femme donc - et l’obtient !


Bien sûr, cela ne va pas sans de nombreuses difficultés notamment avec sa tante Sally qui est terrifiée à l’idée qu’on se moque de Grayson et peut-être aussi ébranlée dans ses certitudes. Son oncle Evan quant à lui essaie d’accepter la réalité qui s’impose peu à peu à eux ; surtout depuis qu’ils ont retrouvé une lettre de la mère de Grayson dans laquelle elle raconte à sa propre mère comment elle accepte que Grayson soit la fille qu’il veut être de tout son corps et de toute son âme.

Ce n’est pas l’écriture qui fait l’intérêt de ce roman mais, outre son sujet, une astuce scénaristique intéressante : comme les parents de Grayson ne sont plus là, sa petite enfance reste dans une zone d’ombre qui met le lecteur dans la même position que Grayson, celle d’ignorer, et de découvrir plus tard, grâce aux lettres de sa mère à sa grand-mère, à quand remonte ce sentiment d’inadéquation entre son être et son corps.

Le personnage du professeur Finnegan est intéressant, dans la tradition, très Cercle des poètes disparus, de ces enseignants qui font accoucher les adolescents de leur être véritable.
Le tout est un peu attendu mais bien mené et l’équilibre entre l’oncle compréhensif et la tante ulcérée est une inversion intéressante du cliché habituel.

Ariane Tapinos (janvier 2017)

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