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15/03/2009

La Fin du monde | roman de Fabrice COLIN

9782740424346.jpgÉd. Mango, coll. Autres Mondes | janv. 2009 | 190 pp. – 9 €

Dans un futur proche, quatre jeunes des quatre centres «politiques» du monde (Europe, États-Unis, Chine et Moyen Orient), tentent de survivre à un embrasement nucléaire. En à peine deux cents pages et sept courts chapitres, on assiste, épouvanté, à la destruction de la plupart des grandes métropoles du monde : Los Angeles, San Francisco, Seatle, Pékin, Paris, Le Caire… Pour espérer sauver sa peau, il faut fuir toujours plus au Nord, pour échapper aux radiations toxiques qui se répandent comme une nuit sans fin sur le monde.


L’horreur se mêle à l’absurde. La violence s’épanouit entre les Nations, mais aussi en leur sein, là où des hommes sont depuis trop longtemps, laissés pour compte par leur propre société. La rage gronde et les plus pauvres s’engouffrent dans la brèche laissée par l’anéantissement des États et des moyens de communication. Chacun des personnages entreprend une course effrénée contre la mort, pour rejoindre une base américaine secrète au Groenland, où ils pourront s’abriter quand il ne restera plus rien.
Impossible de dévoiler ce qu’il adviendra de cette quête, mais au terme de ce premier volume, on ignore si deux d’entre eux sont encore vivants. Et le destin des deux autres est tout aussi mystérieux.

Fabrice Colin est un raconteur d’histoires hors pair, il prend son lecteur par la main et l’entraîne dans un tourbillon d’événements qui le tient en haleine et le plonge en même temps dans un bain de questionnements. Construit comme un film catastrophe, avec brève présentation parallèle des personnages avant le cataclysme qui les réunira (on l’imagine), son récit est, une fois de plus, nourri de références cinématographiques et romanesques.

Et s’il se défend, dans sa postface, de faire des livres «sur» tel ou tel sujet – et ici «sur» la guerre nucléaire – c’est bien pour nous faire réfléchir à ses dangers, qu’il a écrit ce terrifiant roman. Mais il est vrai qu’il n’abandonne pas ses personnages et son histoire à l’arrière-plan politique. Et c’est pour ça qu’on le lit avec autant de plaisir. Et qu’on réfléchit sans y prendre garde. N’empêche, sa «fin du monde» a quelque chose de prophétique qui provoque la peur, quand bien même il aurait voulu nous épargner, comme il l’écrit dans sa postface, qu’il conclut par les phrases suivantes : « Conçue comme l’outil de dissuasion ultime, l’arme nucléaire est le produit vicieux de l’intelligence humaine. Son efficacité repose sur un paradoxe redoutable : elle ne produit son effet que si on ne s’en sert pas. Dans le cas contraire, ce n’est pas la terre qui disparaît ; ce sont les hommes. Combien de temps avant qu’une erreur irréparable soit commise ? Combien de temps avant que ce livre ne soit plus de la science-fiction ? »

Ariane Tapinos (février 2009)

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